Vallée de la Soummam Chasse aux passereaux – Du plaisir au business florissant !

Le retour des passereaux à chair comestible, comme les grives et les étourneaux, fait, en ce moment, le bonheur des petits chasseurs, qui ne lésinent pas sur les moyens pour en rafler de grandes quantités.

Les bois, les montagnes et les plaines de la vallée de la Soummam sont, ainsi, envahis par ces chasseurs saisonniers qui affectionnent par dessus tout la chair succulente, et surtout « gratuite » de ces oiseaux migrateurs. Eh oui, comme la viande des volailles connaît une montée vertigineuse de ses prix avec à la clé des tarifs qui oscillent entre 380 et 410 DA/kg, certains se rabattent sur la chair des grives et étourneaux, afin de compenser cette carence en viande blanche. Et puis, la consommation de ces espèces d’oiseaux ne comporte aucune conséquence néfaste sur la santé des consommateurs, étant donné que ces passereaux se nourrissent naturellement d’insectes et de fruits (olives). La chasse aux passereaux que pratique un grand nombre de personnes, actuellement, est sujette à des réserves , pour ne pas dire à des contestations, de la part des plus avertis, lesquels regrettent que les petits chasseurs procèdent à de vastes rafles parmi les grives et les étourneaux en utilisant les filets à mailles , cédés dans les marchés entre 1000 et 1500 DA l’unité.

Une grive à 1000 DA !

Ce procédé s’est malheureusement généralisé ces dernières années dans la région, où des milliers de ces oiseaux migrateurs sont pris dans les filets sans aucun respect à cette espèce et à sa pérennité. Avec ce procédé ravageur, les passereaux risquent de voir leur nombre chuter dans les années à venir. «Avant, les gens chassaient peu de quantités de passereaux, juste pour le plaisir du palais, mais, de nos jours, cette pratique s’est élargie avec l’utilisation d’un « arsenal » un peu plus dévastateur. Je tiens à dénoncer à travers vos colonnes cette chasse débridée qui risque d’exterminer ces oiseaux à l’avenir», tempête un forestier. Toutefois, ce qui inquiète encore plus les amoureux de la nature c’est cette chasse « commerciale » des passereaux, qui sont devenus une marchandise vendue chaque jour sur les bas-côtés des routes, comme la RN26. Ces dernières années, beaucoup de personnes ont remarqué la diminution de cette espèce qui fait son apparition au début de l’automne dans la région du nord du pays. Ses vols en essaims et ses mouvements ondulatoires et tourbillonnants dans le ciel créent des « tableaux » mouvants et magnifiques à voir.

Syphax Y.