Chanson Ahmed Awzelleg peaufine un nouvel album – «En hommage à Cheikh Arab Awzelleg»

L’artiste Ahmed Awzelleg poursuit sa saga sur les guillerets chemins de la chanson. Faisant sienne d’une rare constance dans l’effort et d’une rigueur à toute épreuve, il nous convie à une nouvelle escapade en dehors des sentiers battus. Il en est à sa 8e fournée, dont il projette la sortie sous peu. «L’enregistrement de l’album est déjà achevé. Il ne reste plus que quelques touches de mixage, avant de procéder à sa mise sur le marché, laquelle interviendra dès la première semaine du mois de janvier 2017», a-t-il appris. «Isem-ik», l’une des chansons-phares de ce nouvel album, qui en compte 8, est un hommage posthume à l’un des pionniers de la chanson kabyle, Cheikh Arab Awzelleg en l’occurrence. L’âme de ce monstre sacré de la culture s’en trouve ressuscitée. «Ijah» est une chanson poignante qui interpelle autant qu’elle récuse les impérities de l’exilé, noyé dans l’alcool, la luxure, au point de vendre son âme au diable, jusqu’à renier sa famille, sa patrie. En un mot, se renier. «A tabrats» et «Urgighk» livrent le prolongement de cette histoire à 3 actes, construite autour de la thématique de l’exilé et de l’exile. Par le truchement d’une missive, l’exilé tente de se justifier auprès des siens, afin de renouer les liens distendus jusqu’à la rupture. C’est la quête désespérée d’une hypothétique absolution. Pour sa part, «Urgighk», décline l’existence torturée de l’épouse laissée au bled. En dépit d’un destin implacable, elle cultive le secret espoir de retrouver un jour son bien-aimé… «Ur nuk san ara» monte en épingle les relations conflictuelles entre des individus, embourbés dans des chamailleries inutiles et insensées, au lieu de cohabiter en harmonie. Elle invite à la réflexion et suggère des voies de sortie. «D kem» est un bel hommage à la femme algérienne, drapée d’une épaisse toison d’or. C’est un clin d’œil à la mère, à l’épouse, à la sœur, à la fille. Elle évoque son rôle incontournable dans l’éducation et la transmission des valeurs. De quoi tirer gloire et fierté. «Buh a tayri-w», chantée en duo, est un plaidoyer pour l’amour. L’amour de sa dulcinée. L’amour du prochain. L’altérité. On y apprend l’ambivalence des sentiments et parfois, leur dévoiement qui vire à la rupture inéluctable. Et pourtant, cet amour est si vital. Comme l’air qu’on respire. Enfin, «Ayaman», est composée à la mémoire de Rayane, un jeune du village Khenfor (Ouzellaguen), disparu tragiquement, noyé dans une mare.

N Maouche