La chasse au filet fait rage

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Depuis la nuit des temps, l’homme a toujours été un chasseur par excellence et utilise diverses méthodes pour prendre le gibier. Malheureusement, à l’inverse de nos ancêtres qui ne chassaient que le strict nécessaire d’animaux notamment les gibiers pour s’assurer sa ration alimentaire, l’homme moderne a transformé cette activité en loisir en tuant les animaux par pur plaisir. Ainsi, après les collets à base de câbles de freins de voitures ou de motos pour attraper le sanglier, la puissante colle qu’on place sur les oliviers pour piéger les étourneaux et les grives, voilà que des énergumènes se mettent à la pose de filets d’environ 5×5 m à couleur transparente qu’ils étendent à l’aide de pieux ou attachés aux arbustes en forêts pour piéger toutes sortes d’oiseaux. Une fois pris dans ces filets, les oiseaux ne peuvent plus s’échapper. Un procédé à la mode depuis ces trois dernières années et qui s’est rapidement généralisé à travers toute la région d’autant plus que cet équipement dont le prix n’excède guère les 2000 dinars est à la portée de tout le monde. Le recours à cette méthode de chasse assure à ceux qui la pratiquent des prises de toutes sortes d’oiseaux y compris ceux non comestibles. Aussi ces oiseaux se laissent surprendre par ce piège tendu sur leur passage, notamment en début de matinée ou de soirée quand les ténèbres commencent à s’installer, moment où ces volailles quittent ou regagnent leurs gites. L’oiseau une fois pris dans ces filets est voué à une mort certaine. Aussi, le chasseur quand il se rend à l’endroit où il a posé ce sinistre piège découvre diverses espèces d’oiseaux, soit morts soit à l’agonie après s’être longtemps débattus pour tenter de s’en dégager. Un procédé qui provoque des ravages parmi le peu d’oiseaux épargnés par les bouleversements climatiques, la pollution et la destruction de leur territoire et le tissu végétal par les incendies en série lesquels ont détruit les plus importantes forêts de Kabylie depuis ces cinq dernières années. Il convient de souligner que cette nouvelle technique de chasse est apparue pour la première fois il y a quelque 4 ans dans la région de Tamelaht dans la commune d’Ahnif où survivent d’importantes colonnes de perdrix que ces braconniers chassent à l’aide de ces filets en fibre de chanvre émaillée et en plastique semblables aux filets de pêche maritime mais plus fins et transparents. Cette technique s’est rapidement généralisée dans toute la région de M’chedallah et Bechloul notamment durant la saison hivernale, soit durant l’arrivée des étourneaux et des grives. Les dégâts occasionnés aux diverses espèces d’oiseaux appellent à une urgente ingérence des services étatiques pour non seulement l’interdire mais aussi procéder à des sorties sur le terrain pour saisir ces filets et mettre un terme à ce répressible braconnage.

Oulaid Soualah

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