C’est l’une des plus anciennes mosquées non seulement du village Ath Ali, mais aussi de toute la région de Frikat. Selon certains témoignages, elle remonte au début du 19ème siècle. Quant à son appellation El Djemaâ El Hadjadj, soit la mosquée des pèlerins, l’on raconte qu’elle lui avait été donnée, parce qu’autrefois les pèlerins y passaient la nuit, avant de prendre la route de la Mecque. Au fil des ans, ce monument tomba en désuétude, d’autant plus que c’était une construction en toub (terre battue), d’une part, et d’autre part, parce qu’une nouvelle mosquée a été construite non loin de cet endroit. Finalement, le comité de village a décidé non seulement de la restaurer, mais carrément d’y ériger une autre bâtisse pour servir de local au comité. « Elle sera construite en rez-de-chaussée, surélevé d’un étage, et va servir pour les activités du village », confiera un villageois ayant pris part samedi dernier au coulage de la première dalle. « C’était vraiment un jour de solidarité exemplaire. Tout le monde y était présent. Y a même des volontaires venus d’Alger, de Bouira, de Tizi-Ouzou et d’ailleurs. L’opération a été achevée vers treize heures. Et puis, un couscous royal a été offert à tous », ajoutera la même personne. Les matériaux ayant servi à ce plancher ont été réglés par un habitant du village résidant à Bouira, apprend-t-on. Par ailleurs, les villageois ont participé financièrement pour l’achat des autres matériaux. Quant aux autres travaux, ils sont l’œuvre du volontariat. « Cela a aussi permis de relancer la solidarité villageoise. Tous ceux qui vivaient ailleurs étaient éblouis par ce regain de volontariat dans notre village », soulignera un autre villageois. C’est dire que la gouvernance des Djemaâs reste un modèle de gestion encore d’actualité de toutes les affaires de la communauté. A Ath Ali, tout le monde souhaite que cet élan soit poursuivi parce que les villageois attentent, encore, la finalisation des travaux d’autres chantiers, bien que l’APC leur ait consacré de nombreuses enveloppes budgétaires. On citera la réalisation du foyer pour jeunes, le bitumage de la route en béton bitumineux, le raccordement au gaz naturel et à eau potable et dernièrement une stèle pour les martyrs du village. Les Ath Ali espèrent aussi que l’école du village, ayant servi de centre de torture durant la guerre de libération nationale, soit classée comme patrimoine.
Amar Ouramdane