Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale des zones humides, ce sont les sites des deux salines situées dans les trois villages d’Imellahen, dans la commune de Feraoun dans la wilaya de Béjaïa, qui ont été ciblés. La population de ces trois villages exerce des activités économiques axées sur l’agriculture de montagne avec une forte tendance à la culture de l’olivier. L’exploitation collective des salines se pratique sous un mode très ancien. En effet, les réceptacles d’eau salée sont creusés dans la roche, l’eau de source salée est canalisée vers ces réservoirs et l’exploitation est assurée à tour de rôle par les familles de ces villages. La technique de récupération du sel gemme leur vient de leurs ancêtres et elle est transmise de générations en générations. Les familles des trois villages vivaient, dans un passé récent, du troc de ce sel recueilli en contrepartie d’autres produits pour leurs besoins quotidiens. Actuellement, ces salines sont presque abandonnées mis à part quelques hommes âgés qui sont tenaces et qui ne peuvent abandonner l’une des cultures ancestrales. Juridiquement, ces salines appartiennent au village d’Ichebaken pour la première et aux villages d’Iadnanen et Ath Ounir pour la deuxième. L’ensemble des trois villages cités forme la région d’Imellahen qui veut dire travailleurs des salines et tamellaht veut dire saline. Dommage que la majeure partie des familles a abandonné les réceptacles familiaux qui sont dans un état de dégradation avancée. La saline des deux villages d’Iednanen et Ath Ounir est menacée par des glissements de terrain qui sont fréquents dans la région. Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale des zones humides, l’association pour la protection de l’environnement et les sports de montagne, Assirem Gouraya, propose le classement officiel de ces deux sites tout en programmant un nettoyage de cet environnement avec un reboisement afin de lutter contre les glissements de terrain et l’érosion des sols. Il est vrai que la wilaya de Béjaïa est connue pour ses richesses diverses et ces salines la distinguent sur ce plan, puisqu’elles offrent des métiers qui sont en voie de disparition. C’est dans le souci de booster cette activité qu’il est nécessaire de sauvegarder ce patrimoine si précieux qui est un héritage ancestral inestimable. «Notre engagement envers les populations locales de la wilaya de Béjaïa est de travailler à la valorisation de tous les patrimoines de notre région», dira le président de l’association organisatrice de la sortie sur le terrain.
A Gana.
