Tout comme les foyers de jeunes, ces bibliothèques communales ouvertes au public ici et là ne fonctionnaient jusque-là que grâce aux jeunes affectés dansle cadre du pré-emploi et de l’insertion des diplômés dans le système du filet social. Avec les restrictions budgétaires imposées par les ministères de l’insertion de ces jeunes notamment celui de la Solidarité nationale, tous les contrats ne sont pas renouvelés si bien que l’avenir de ces structures ô combien indispensables dans de nombreux chefs-lieux communaux est compromis. Dans une virée à la bibliothèque communale de Tizi-Gheniff, nous avons constaté le désarroi des jeunes filles dévouées pour le bon fonctionnement de cette structure dédiée à la lecture publique depuis près de trois ans. « Cette bibliothèque ne fonctionne que grâce à notre volonté. Nous sommes au four et au moulin. Non seulement, on s’occupe des lecteurs mais aussi de son nettoyage. Et puis, elle a de grandes salles de lecture. Pendant les vacances d’hiver, nous avons reçu plus de mille personnes sur place. En tout cas, nous sommes toujours mobilisées en dépit du manque de moyens dont nous disposons. Nous souhaitons que nos contrats soient prolongés pour qu’on puisse veiller sur cette structure », regrette l’une des ces employées de cette bibliothèque. Sur le plan organisationnel, en dépit du manque de personnel, il nous a été donné de constater que les deux mille titres que détient cette bibliothèque sont soigneusement rangés. Par ailleurs, dans la salle de lecture pour enfants, les étals sont garnis de livres de contes, de bandes dessinées et autres livres de détente. « Nous recevons les enfants sur place. Nous devons alors leur suggérer les ouvrages suivant leur âge. Il faut aussi les surveiller pour ne pas qu’ils les abîment. C’est un travail fastidieux mais nous avons maintenant pris l’habitude. C’est devenu notre milieu naturel », ajoute la même interlocutrice. En tout cas, il est temps que ces lieux dédiés à la lecture aient un personnel stable qui remplirait comme il se doit son rôle d’encourager l’acte de lire. Pour le moment, on peut dire que ces endroits sont fréquentés notamment par les élèves préparant leurs examens scolaires, mais il est aussi attendu à ce que les bibliophiles soient sensibilisés à fréquenter ces lieux de savoir tout en programmant, par exemple, des conférences avec des auteurs d’une part et en privilégiant les débats culturels, d’autre part.
A. O
