Quand la pluie met à nu les défaillances

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Les images reviennent comme revient la fatalité. Un épisode pluvieux et les rues de la ville d’Akbou s’enfièvrent jusqu’à… l’hypothermie. Et ce n’est sans doute pas la faute à ces hallebardes de Dame nature qui nous détrempent, au même temps qu’elles lessivent la cité et ressourcent la terre. Le spectacle qui est donné à voir, comme de coutume, à chaque ondée, à travers les artères, rues, ruelles, met à nu la gestion d’une cité qu’on a tendance à clochardiser au fil du temps. Trop criante est cette image hideuse qu’offre la ville dont les gestionnaires s’emmêlent les tâches qui leur sont dévolues, se jetant mutuellement la balle lorsqu’il s’agit de mettre de l’ordre ou de remettre en l’état une voie qui, une fois triturée, est abandonnée par quelque entreprise ou sous-traitant. Trop évident est le décor pour ne pas s’en apercevoir, lorsque piétons et automobilistes peinent à se frayer un chemin au milieu des trombes d’eau, des mares et autre gadoue générée par la terre glaise charriée par les interminables ouvrages en chantier, congestionnant les avaloirs qu’on ne presse de curer qu’après coup. Pas avant. Trop flagrant pour ne pas constater l’absence de canaux d’évacuation servant de drainage et placés, autrefois de part et d’autre de la chaussée dans la plupart des rues de la ville. Les regards obstrués et les caniveaux des réseaux divers enterrés sans dalles, deviennent des réceptacles d’une eau dormante. Trop patent pour ne pas remarquer les trottoirs dont le revêtement lépreux et médiocrement réalisé vous surprend lorsqu’il pleut. Ces parties latérales de la chaussée qui, une fois revêtues, sont défoncées par le «génie» de nos entrepreneurs. On ne peut effectuer une dizaine de pas sans être surpris par les éclaboussures qui jaillissent de par-dessous les pieds. Les colonnes d’évacuation des eaux pluviales éventrées qui serpentent les immeubles ne manquent pas de vous arroser au passage. Cela dégorge de partout et il faudra que le quidam fasse de la gymnastique pour enjamber les gravats charriés par les ruisselets qui se répandent dans le plat de la chaussée, dont le niveau du bitumage est souvent plus haut que celui du trottoir. Voila une grande agglomération, avec ses espaces publics qu’on s’escrime gauchement à gérer. Gérer ? Un bien gros mot !

N. M.

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