Emouvant recueillement sur la stèle de Aïssat Idir

Ladite cérémonie, qui coïncide avec le 50e anniversaire de la création de l’UGTA et le 44e anniversaire de l’assassinat de Aïssat Idir par les Français, a été organisée par l’union de wilaya UGTA de Tizi Ouzou. En plus des syndicalistes, l’on compte la présence du wali de Tizi Ouzou, des autorités locales de Djemaâ Saharidj, des enfants de chouhada, du DEF de Tizi Ouzou et de plusieurs centaines de citoyens anonymes. A 10 heures, une gerbe de fleurs a été déposée sur la stèle et une fatiha a été lue à la mémoire de Aïssat Idir et de tous les martyrs de l’Algérie. M. Bachir Ramdani a lu une déclaration devant l’assistance, dans laquelle il a rappelé les grands sacrifices consentis par les travailleurs durant et après la Révolution nationale. Dans ladite déclaration, le secrétaire général de l’Union de wilaya UGTA de Tizi Ouzou a aussi fustigé la Centrale et a dénoncé avec des propos virulents les problèmes dont souffrent les travailleurs, à Tizi Ouzou particulièrement. « Après tous ces sacrifices et toutes ces glorieuses consécrations, nous constatons avec amertume que le contexte actuel dans lequel nous célébrons ce double anniversaire se caractérise par la remise en cause des acquis du peuple algérien et le bradage de ses richesses à travers une politique ultra-libérale du pouvoir qui se caractérise par l’absence de perspectives, de visibilité et de programme économique clair », peut-on lire dans un message de cette longue déclaration. Selon l’UGTA de Tizi Ouzou, la privatisation anarchique a fragilisé le système de protection sociale. Pour l’UGTA, « Tizi Ouzou, à l’instar des autres régions du pays, est vidée de toutes ses potentialités et de tout ce qui peut constituer l’espoir d’une relance économique », suite à une politique économique désastreuse, alimentée par un laisser-aller des pouvoirs centraux caractérisé par un taux de chômage de 40% environ. Par ailleurs, les responsables de l’UGTA dénoncent la politique de l’emploi exercé par la voie du filet social, pré-emploi, emploi de jeunes… etc. Et de fustiger la centrale : « Au moment où la base syndicale se débat dans d’inextricables problèmes menaçant le travailleur, la Centrale syndicale se confine dans son mutisme, son immobilisme et sa prise en otage des instances verticales et horizontales par le non-renouvellement de leur mandat qui les rendrait plus actives et plus entreprenantes », déclarent-ils. L’UGTA souhaite que cet anniversaire constitue le premier jalon de la relance du combat syndical et appelle à l’organisation d’une conférence nationale des cadres syndicaux pour débattre de l’avenir du mouvement syndical. Par ailleurs, les représentants de l’UGTA ont déploré l’état désolant dans lequel cette stèle s’est retrouvée. En effet, les lampadaires ont été saccagés, des plaques de marbre arrachées et la placette mal entretenue. Présent sur les lieux, le maire de cette localité a promis de remédier à cette désolation et préserver ce symbole. En plus de cette stèle presque profanée, les routes qui mènent à Djemaâ Saharidj sont impraticables. Djemaâ Saharidj, la terre natale de Aïssat Idir mérite mieux que ce sort qu’on veut lui infliger.

Mourad Hammami