La distribution du lait en sachet est perturbée depuis quelques jours dans tout le versant sud de la wilaya de Tizi-Ouzou.
De Boghni jusqu’à Tizi-Gheniff, des files d’attente se forment au quotidien devant les crèmeries et magasins d’alimentation générale, dès les premières heures de la matinée. Dès que le livreur arrive, il faudra avoir les coudées franches pour arracher un sachet de lait. Mais, parfois, c’est la spéculation. Les quantités servies avant le lever du jour sont distribuées par des commerçants à leur guise. A chaque fois que ce produit commence à manquer, le leitmotiv des commerçants, à savoir : «C’est pour les clients», est vite ressorti. Pourtant, selon des responsables au fait de ce sujet, il n’y a aucune crise parce qu’il n’y a ni manque de poudre, comme le prétendent certains, et encore moins un mouvement de grève au niveau de la principale laiterie de Draâ Ben Khedda qui dessert la région. On croit savoir que certains livreurs ne le distribueraient pas à leurs clients (crémiers et commerçants) de manière régulière. A Tizi-Gheniff, à l’extrême sud de la wilaya, le manque est visible tout comme dans toutes les localités du sud de la wilaya. Dans certains villages, il est vendu à 30 dinars. Mais, au centre-ville, il est proposé à 35 dinars. « Bon, vaut mieux acheter un sachet à 35 dinars, qu’une boîte de lait en poudre à 400 dinars, voire plus, et qui ne donnera que trois à quatre litres au maximum. Ce commerçant le ramène, lui aussi, avec ses propres moyens de Bordj Menaiel ( Boumerdès). Il faut le comprendre. Je ne dis pas que ce n’est pas cher, mais, à chacun ses raisons », répondra un consommateur qui venait d’acheter huit sachets. Et comme notre interlocuteur, ils étaient nombreux devant ce crémier à s’en approvisionner sans se soucier du prix . Si ces consommateurs raisonnent de la sorte, il y a lieu , quand même, de se demander pourquoi le prix de ce produit, pourtant, subventionné par l’Etat n’est pas réglementé. En ces temps de vaches maigres, le pauvre citoyen est entre le marteau et l’enclume et il ne sait plus à quel saint se vouer pour gérer son maigre salaire lorsqu’il est déjà salarié. Et que dire des millions d’Algériens sans aucun revenu?
Amar Ouramdane
