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Ma voix sera à celui qui la mérite !

S. Ait Hamouda

Il n’est pas d’instants aussi propices à l’inspiration politique que les moments d’égarement et de turpitude, de doutes et d’incertitudes, de douces mélancolies et de nettes convictions. Il n’est de satisfactions sans interrogations ni de suprêmes réappropriations du passé, du présent et d’un avenir présomptueux au pied d’un olivier. Mais existe-elle l’inspiration politique ? Certainement non. Pour faire de la politique, il faut être né pour la faire, l’exercer, la pratiquer. Mais qu’à cela ne tienne, il y a ceux qui la font pour paraître sans l’être et ceux qui le sont sans le paraître. C’est vraiment difficile de pratiquer cet exercice périlleux sans être armé de connaissances, de sûres compétences et d’un bagage multi disciplinaires. Il faut connaître les sciences politiques, l’économie, la sociologie la culture et, à un degré moindre, tout ce qui fonde l’homme : psychologiquement. Là nous ne comprenons pas comment des gens ne pigeant que dalle à tout ça s’ingénient malgré tout à bricoler un statut de politicien du vendredi. Ils se trouvent du talent et ne cherchent même pas à l’améliorer, à le peaufiner ou le perfectionner. Là est toute la question, chez nous. Il y a des items que nous nous posons sans être sûrs de dégoter, au hasard de nos pérégrinations, la moindre réponse satisfaisante ou à la limite un argument qui nous permet, à défaut de nous dire : c’est la moins pire de toutes les incongruités entendues jusque-là qui tienne la route du doute pour nous mener là où elle doit nous amener. «Désolé bergère, je n’aime pas les moutons», disait le chanteur, mais oublions que nous sommes quand même des moutons de Panurge. Qu’on nous traîne vers l’abattoir, soit, mais qu’on nous égorge selon les rituels adoptés en prononçant la «besmala» ou l’extrême onction… Renseignez-vous, ne vous laissez pas avoir, ne vous abandonnez pas à être saignés n’importe comment et par n’importe qui. La résolution, imparable, est celle qui vous tenaille le ventre en attendant le couteau de l’égorgeur. Mais cela ne nous épargne pas l’illusion d’avoir voté pour celui qui ne vous agrée pas. Donc, nous devons faire attention pendant qu’il est encore grand temps pour donner nos suffrages à celui qui le mérite.

S. A. H.

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