Aux origines d’un niveau en baisse

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Les assises, initiées par la direction de l’éducation de la wilaya de Bouira, se sont poursuivies avant-hier jeudi.

Ainsi, ce sont les résultats scolaires du cycle secondaire, en particulier ceux des classes d’examen, que directeurs de lycées, inspecteurs administratifs et de matières, conseillers d’orientation et partenaires sociaux ont eu à examiner de près. Comme lors de la rencontre de lundi dernier consacrée au cycle moyen, les conseils d’orientation du Cosp ont procédé par étapes. D’abord, ils ont commencé par présenter les résultats du BAC 2016 à Bouira qu’ils ont déclinés par filières, matières et daïras. Des résultats qu’ils compareront ensuite avec ceux obtenus à l’échelle nationale. Ensuite, c’était autour des résultats des examens du 1er trimestre des élèves de la terminale de cette année d’être dévoilés. Enfin, le dernier exposé traitera de la progression des résultats du BAC sur la période allant de 2006 à 2016. Tous ces résultats seront largement commentés, particulièrement par le directeur de l’éducation qui a apporté plusieurs remarques. Au sujet des résultats du Bac 2016, ledit directeur a fait savoir que le taux de 47.48% de réussite enregistré l’an dernier n’est pas satisfaisant. Selon lui, ce taux est en dessous de la moyenne nationale. Il fera également la même remarque concernant le classement de la wilaya au BAC à l’échelle nationale (28e place) qu’il qualifiera aussi de non satisfaisant. M. Bouziane pense que Bouira doit figurer un peu plus haut au classement national ou au moins à la même position que certaines wilayas voisines, comme Médéa. Le DE juge qu’il n’est pas «normal» qu’une wilaya du sud comme Adrar surclasse Bouira dans le classement, d’autant plus que les conditions, notamment climatiques, ne plaident pas en faveur de cette wilaya. Ce qui fait dire au directeur de l’éducation qu’il y a un vrai problème qu’il faudrait examiner de près pour y remédier. Ceci dit, le même responsable s’est dit convaincu que la wilaya de Bouira dispose de tous les moyens, pour améliorer ses résultats scolaires et son classement au bac. Poursuivant son analyse des différents résultats, M. Mourad Bouziane évoquera les faibles résultats obtenus dans la filière scientifique. Une filière qui comptabilise, selon lui, le plus important nombre de candidats au bac, mais qui enregistre des taux de réussite très faibles. Selon le DE, si les résultats de cette filière venaient à être améliorés, cela aura, sans doute, des répercussions positives et très significatives sur le taux global de réussite. Toujours selon lui, c’est tout le contraire qui est constaté dans la filière des mathématiques. Une filière qui enregistre d’excellents résultats et un taux très élevé de réussite, mais sans incidence significative sur le taux global. à ce propos, M. Bouziane a suggéré que l’on oriente plus d’élèves de la terminale dans cette filière. Sur un tout autre point et au sujet de l’évolution des taux de réussite au baccalauréat de 2006 à 2016, le même responsable a noté une stagnation des résultats durant une certaine période, puis un net recul ces dernières années.

De nombreux dysfonctionnements relevés par le DE

Outre les résultats, le DE fera part de quelques dysfonctionnements. Ces derniers ont été, sans doute, pour quelque chose dans le recul des résultats. Il citera, à titre d’exemple, la faible fréquence des visites d’inspecteurs de matières dans les établissements du secondaire. A ce propos, il révélera que dans certaines matières, comme le français, il n’a été effectuée qu’une seule visite dans ce sens. Il parlera, aussi, d’un décalage de la fréquence des visites d’une circonscription à une autre. Dans certaines, les visites sont accrues, et dans d’autres, il y en a eu peu. Il indiquera, aussi, qu’un nombre incalculable d’heures supplémentaires ne sont pas utilisées. Pis, selon le DE, dans certains lycées, des enseignants continuent encore de dispenser des cours suivant l’ancien programme. Ce qu’il qualifiera d’ «aberrant». Le directeur de l’éducation passera par la suite la parole au directeur du Technicum de Lakhadria, un des meilleurs lycées en matière de réussite au bac avec un taux dépassant les 70%, pour expliquer «le secret» de la réussite de cet établissement. Le directeur de ce lycée a confié qu’il est arrivé avec un projet pour l’établissement. Il a aussi parlé de rigueur, de discipline et de suivi permanent et d’accompagnement des élèves durant leur cursus scolaire. Son collègue d’Ain Bessem, dont l’établissement est arrivé bon dernier au classement de wilaya au bac, avait beaucoup de mal à convaincre l’assistance. Il a parlé de beaucoup de problèmes liés, notamment, à la discipline. Ainsi et selon lui, sur 519 lycéens plus de 146 n’assistent pas aux cours au niveau de son lycée. Il dira que la situation échappe totalement au contrôle de l’administration. Ce qui a fait bondir le directeur de l’éducation de sa chaise. Reprenant la parole, le DE a reconnu l’existence d’une instabilité dans les effectifs enseignants, d’un déséquilibre dans la répartition des postes administratifs, d’un sous-équipement et aussi et surtout de mauvaises conditions de prise en charge des inspecteurs. D’ailleurs, à propos de ce dernier point, il a annoncé que ses services vont faire tout pour concrétiser un projet d’une résidence digne de ce nom pour les inspecteurs. Le DE s’est dit confiant quant à la possibilité de recadrer et corriger les choses. Il est utile de souligner que, dans l’après midi, une réunion a regroupé les inspecteurs et dix directeurs de lycées, où il a été enregistré de faibles résultats scolaires, pour tenter de cerner les problèmes au niveau de ces établissements et y remédier. Dans un deuxième temps, pratiquement tous les inspecteurs se rendront dans ces lycées en difficultés, pour s’enquérir de près de la situation et tenter d’améliorer les choses.

Djamel Moulla

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