Beaucoup reste à faire !

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Exception faite de la station climatique Tikjda qui a bénéficié de quelques timides aménagements autour du complexe touristique reconverti depuis ces cinq 5dernières années en complexe sportif, le reste des innombrables sites touristiques parsemés le long de la chaine montagneuse du Djurdjura est superbement ignoré. Le manque de volonté et l’absence de vision de nos politiques locaux pour insuffler une nouvelle dynamique au tourisme dans cette partie paradisiaque de la Kabylie en sont pour quelque chose. À Bouira, ce n’est pas les sites qui manquent. On peut à titre d’exemple citer ceux de Taletat, Assouel, le Gouffre du léopard, Tizi N’koulal, la Main du juif et Tala Rana pour ne citer que les plus en vue et accessibles à pied. Le Site Tala Rana a pourtant bénéficié d’un projet d’aménagement dans le cadre de la ZET (zone d’extension touristique) lancé en 2012 dont la première phase de l’étude a été menée à terme en 2014 avant que l’opération ne soit brutalement stoppée sans aucune raison valable, sinon une incompréhensible opposition émise par le parc national du Djurdjura (PND). Etat de fait qui pénalise les milliers d’estivants nationaux et étrangers et qui porte un frein non moins brutal à l’unique richesse de cette région qui est le tourisme de montagne. Le mois dernier, à deux reprises, la neige est venue embellir les hauteurs du Djurdjura créant un décor pittoresque que seule Dame nature peut offrir. Une rare beauté qu’on ne se lasse pas d’admirer par temps clair avec les rayons du soleil qui apportent une touche finale, en créant un halo de lumière et une clarté, achevant de plonger ces hauteurs dans un cadre féerique qui se répercute sur l’humeur des populations en leurs apportant un baume de joie dans les cœurs. C’est durant ces périodes que le clair de lune fait plonger les âmes sensibles éblouies par les cimes enneigées de cette chaine montagneuse dans des élans romantiques qui ont inspiré tous les grands chanteurs et poètes de renom de Kabylie et d’ailleurs. Cette chaîne montagneuse du Djurdjura qui s’étend de Draâ El Mizane (Tizi-Ouzou) jusqu’à l’Akfadou (Bgayet), en traversant le nord de la wilaya de Bouira dans le sens Est/Ouest, qui se détache distinctement dans le ciel, ressemble à un aigle blanc qui étend ses ailes dans un geste protecteur sur tout le territoire kabyle avec, comme tête, le sommet de Lala Khadîdja (Tamgout). La fonte de ces neiges procède en parallèle à un lessivage global et minutieux des deux flancs de cette superbe chaîne de montagnes, une nature verte immaculée débarrassée des impuretés flottantes et de la pollution de la saison chaude, une nature ravivée par ces chutes de neige et qui recommence à reprendre ses couleurs dans toutes leurs splendeurs. Les ravins et ruisseaux descendant de ces hauteurs se réveillent de leur longue hibernation tout comme les sources naturelles et les nappes phréatiques renflouées. À cette symphonie du ruissellement harmonieux des eaux se mêle le gazouillis des milliers d’oiseaux joyeux repus de glands et d’olives. Sur ces hauteurs, les échos du croassement du corbeau, qu’on s’accorde un peu partout dans le monde à classer de lugubre, se transforment en musique agréable. Ce qui revient à dire, sans exagération ni fausse illusion, que la faune et la flore du Djurdjura se complètent dans une parfaite harmonie pour rivaliser en beauté avec les meilleurs sites à travers le monde. La région ne peut être qualifiée que de filon d’or dans ce créneau du tourisme et encore à moindre coût.

Oulaid Soualah

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