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«Nous travaillons pour la préservation du littoral»

Le président de l’Association de protection et de sauvegarde du littoral de Béjaïa «Béjaïa littoral», M. Zaher Bezghouche, souhaite mettre ses compétences au service du littoral de Béjaïa, qui s’étend de Melbou à Beni Ksila, sur plus de 120 Km. Ingénieur, spéléologue et plongeur, il est amoureux de la nature et tout particulièrement de la mer.

La Dépêche de Kabylie : Comment pouvez-vous définir votre association ?

Zaher Bezghouche : Nous sommes des personnes qui avons un lien très étroit avec la mer. Certains par leur fonction, d’autres par leur passion. Nous venons d’horizons divers : capitaine de navire, pompiers, plongeurs. Je suis membre du Comité mondial de la plongée subaquatique. J’ai fait de la voile, des régates. Je suis un autochtone de Béjaïa et je vis également sur la Côte d’Azur, toujours près de la mer. Il est temps d’agir. Les Bougiotes ont pris conscience que c’est le moment de protéger leur littoral. Car sans son littoral, Béjaïa ne serait pas ce qu’elle est.

Quels sont les objectifs de votre association ?

Notre principal objectif est de travailler pour la sauvegarde du littoral et la protection de la biodiversité. D’autres objectifs seront conséquemment atteints et non des moindres. La santé du littoral et celle du citoyen n’en seront que palpables.

Il y a d’autres associations à Béjaïa qui s’occupent de cet aspect. Quelle serait la spécificité de la vôtre ?

Nous voulons travailler sur trois axes principaux, qui sont les piliers de notre travail : La Science, le Droit et la Pédagogie. Nous comptons travailler avec les organismes spécialisés dans les sciences de la mer, comme l’Ismal d’Alger. Nous espérons également travailler à faire respecter la loi de 2004 sur le littoral en respectant la bande des trois cents mètres. Sur le plan pédagogique, nous espérons œuvrer dans le sens de la sensibilisation des usagers de la mer et du littoral pour mieux respecter cet environnement. Nous avons des conventions internationales avec d’autres organismes des pays méditerranéens qui sont en pointe dans la recherche scientifique sur la faune et la flore. C’est un avantage considérable de pouvoir travailler avec les deux rives de la Méditerranée et faire sortir Béjaïa de la situation dans laquelle se trouve son littoral à l’heure actuelle. L’Algérie a la plus grande façade maritime sur la Méditerranée, et la protection de la mer ne pourra pas se faire sans nous.

Quels sont vos soutiens et partenaires en Algérie ?

Nous comptons d’abord avoir l’aide de la wilaya, de l’État, de l’université, des communes, des ministères de l’Environnement et de l’Éducation… Nous avons déjà un éco-délégué dans chaque commune du littoral, et nous comptons en avoir dans les cinquante-deux communes que compte la wilaya de Béjaïa. Pour nous, même Béni Maouche et l’arrière pays sont concernés par le littoral, puisque les rivières et les oueds charrient des éléments qui se déversent dans la mer. Il faudra faire de la sensibilisation dans toutes les communes. Nous espérons travailler avec les autres associations locales dans la complémentarité. Nous travaillerons également avec les chercheurs et les universitaires et également avec d’autres associations activant comme à Alger et à Oran. Toutes les personnes qui peuvent apporter un plus sont les bienvenues.

Et à l’international ?

Nous allons être parrainés par l’Observatoire du Musée de l’océanographie de Monaco. Nous avons besoin d’un Musée de la mer à Béjaïa pour faire de l’écotourisme. Car cette ville à une histoire maritime importante à promouvoir. Nous voulons faire comprendre aux pécheurs et à nos plongeurs qu’un mérou vivant a plus de valeur qu’un mérou mort. Nous avons un littoral qui se prête à tous les sports (voile, escalade, spéléologie, parapente…). L’actuel wali est jeune, c’est un sportif qui vient d’une région proche de la mer. Il comprendra, donc, notre démarche et va certainement nous aider à travailler dans ce sens.

Quels sont vos projets pour 2017 ?

Intervenir auprès du wali et des ministères pour la défense de notre patrimoine emblématique. Travailler à l’amélioration du cadre de vie. Aider les communes du littoral à créer l’emblème du pavillon bleu, garantissant la qualité de l’eau de baignade et la propreté des plages. Tout faire pour améliorer la signalisation des lieux de baignade et le balisage de ces lieux pour protéger les baigneurs contre les bateaux de plaisance et les jets-skis.

Que comptez-vous faire pour la faune marine ?

Nous allons signer une convention avec le Centre d’études de la cité Phocéenne pour la surveillance et le recueil des informations sur les requins qui se trouvent dans nos eaux. Nous allons également œuvrer avec le CEDMED pour le recensement des tortues de mer. Toute tortue échouée sur notre rivage devra être photographiée, mesurée… ainsi que tous les cétacés, baleines, cachalots, dauphins…

Où se trouve votre siège social ?

Pour le moment, nous sommes installés à la cité Dallas à Béjaïa. Mais pour nous contacter, il suffirait de visiter notre page Facebook Béjaïa littoral, où nous avons déjà plus de quatre mille cinq cents personnes qui nous suivent. Dans l’attente de recevoir l’agrément de notre association, nous lançons un appel aux autorités pour nous aider, ainsi qu’aux amoureux de la mer pour nous rejoindre. Pour finir, j’aimerais rappeler cette citation d’Antoine de Saint-Exupéry : «Si vous voulez construire un bateau, faites d’abord naître dans le cœur des gens l’amour de la mer».

Entretien réalisé par N. Si Yani

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