Enfin le bout du tunnel ?

Il aura fallu une visite du ministre des Travaux publics en cette mi-février pour que les autorités de la wilaya de Béjaïa se décident enfin à vouloir entamer les travaux d’élargissement de la voie à l’intérieur de la ville sur ce bout de tronçon d’une longueur de 4,2 km. Les étés passés resteront gravés dans les mémoires des usagers de cette nationale 9 qui faut-il le rappeler, est devenu un goulot au niveau de Capri-Tour, dans la commune de Boukhlifa à la sortie Ouest de Tichy. Alors que depuis des années, les autorités wilayales claironnaient que les travaux de dédoublement débuteront en septembre (combien de mois de septembre sont passés depuis), jamais les promesses faites n’ont été tenues, d’autant que la wilaya de Bgayet est connue, et pour ses interminables travaux qui ne s’achèvent jamais (surtout en voirie) et pour les retards dans le lancement de ses chantiers qui parfois même ne voient jamais le jour. Cette route, qui traverse la ville, n’est donc que le énième chantier, qui même si depuis le passage du ministre, des coups de pioches sont donnés par-ci par-là, rien n’est sûr que ce dédoublement verra le jour dans les délais qui seront fixés (lisez bien, qui seront fixés, car rien n’est encore sûr quant au lancement réel des travaux). Il paraît que les constructions sans autorisations et certaines autres constructions illicites érigées, complicité aidant, à même le trottoir sont la cause de tous ces retards ; et c’est un vrai casse-tête pour les autorités qui ne veulent pas, lors des démolitions, soulever l’ire des riverains qui seront touchés par les démolitions. C’est d’ailleurs, croit-on savoir, pour cette raison que des convocations ont été remises aux propriétaires des biens immobiliers les invitant à une rencontre avec la direction des travaux publics pour trouver un terrain d’entente sur les questions d’expropriation et d’indemnisation. Si c’est réellement ces bâtisses, pour la plupart construites illicitement sur le domaine public qui ont fait retarder le lancement des travaux de ce dédoublement, cela prouve que l’autorité de l’Etat est inexistante. Le comble est que d’après les échos, ce sont les spoliateurs de ces terrains publics qui mettent la surenchère et c’est là justement que le bât blesse. Voilà, en effet, des personnes qui normalement devaient être poursuivies, mais comble du ridicule, se retrouvent les premières à gesticuler et à afficher leur mécontentement. Dans les pays où la loi fait loi, et où la loi est au-dessus de tous, c’est aux maires qu’incombe en premier la responsabilité dans la prolifération de ces constructions illicites d’autant plus que la loi a mis entre leurs mains les outils nécessaires pour la démolition de toutes bâtisses érigées illégalement. Pourquoi avoir laissé les gens construire illicitement, qui payera aujourd’hui la facture ?`Il est normal, nous dira un propriétaire terrien, que les propriétaires des constructions érigées en toute conformité avec la loi soient indemnisés si ces dernières sont touchées par les démolitions, il est tout aussi normal que les terrains privés expropriés pour les besoins d’utilité publique soient payés à leurs propriétaires, mais de là à indemniser les spoliateurs c’est à mon avis ouvrir les portes aux autres dépassements, mais c’est aussi encourager la mafia aux aguets de la moindre faille pour s’approprier des biens de la collectivité. Ça, c’est irresponsable de la part de l’Etat. Voilà encore un été qui s’annonce difficile pour les riverains de la côte Est de Bgayet, car il est certain que la route restera en l’état et que même si cette dernière est programmée pour le dédoublement, l’entame des travaux se fera en… septembre. Cette fois-ci, peut-être, ce sera septembre prochain. Quant à la fin des travaux, personne ne pourra le dire. Une chose est logiquement certaine, la route ne devrait pas par mesure de sécurité mais aussi de faisabilité, passer sur la grosse canalisation qui serpente de long de la route existante et qui transportera prochainement le gaz de ville. Ira-t-on jusqu’à déplacer cette grosse conduite enterrée par endroit à moins de 60 cm de profondeur ? Voilà un ouvrage de Pénélope qu’il va falloir prendre en considération si on veut éviter dans le futur des catastrophes. Pour ce qui est de nous les petites gens, prenons notre mal en patience, ce n’est pas demain que l’on verra le bout du tunnel.

M. Aibache