Hier matin, les sous-traitants qui louent leurs matériels au groupe ONE (Nurol- özgun- ENGOA) chargé du projet de réalisation de la pénétrante devant relier la wilaya de Tizi-Ouzou à l’autoroute Est-Ouest du côté de Djebahia, se sont révoltés hier. Ils ont fermé le portail d’entrée de la base de vie turque sise à quelque quatre kilomètres à la sortie de la ville de Draâ El-Mizan sur la RN25. Les contestataires disaient être venus pour réclamer leur dû. «Nous n’avons reçu aucun sou depuis quatre mois. Les camionneurs nous demandent de les payer et c’est leur droit le plus absolu. Les négociations tenues avant-hier avec les responsables du groupe n’ont pas abouti. Ils nous ont proposé de nous régler uniquement 5% de nos factures. C’est infime par rapport à ce que nous leur devons. Donc, nous avons décidé de mener cette action pour qu’on nous entende enfin», nous expliquera un sous-traitant accosté devant la base de vie. Notre interlocuteur poursuivra : «Nous voulons qu’une commission soit dépêchée par le wali afin de mettre un terme à cette situation. Les responsables de ce groupe doivent tenir leurs engagements». Un propriétaire de camion ayant loué son véhicule à un sous-traitant engagé par le groupe nous confiera quant à lui qu’il a fini, il y deux mois, par cesser toute collaboration avec ledit sous-traitant, ne pouvant plus supporter les charges et parce qu’il a une famille à nourrir : «Je suis au bout du rouleau. Non seulement je ne peux plus acheter la moindre pièce pour mon camion, mais je ne peux même plus subvenir aux besoins de mes enfants». Nous apprenons par ailleurs que les entreprises du groupe ne sont pas en mesure d’honorer les factures dues aux sous-traitants ni même les salaires des travailleurs. En cause, les restrictions budgétaires qui font que leur argent n’est pas versé à temps. Pour rappel, à la fin du mois de décembre dernier, les travailleurs avaient bloqué les chantiers durant près de dix jours, réclamant leurs salaires. «Les entreprises assurent les salaires sur leurs propres fonds», nous confie une source proche du groupe. Il est à signaler que ce projet butte à de nombreuses contraintes. Tout d’abord le relief accidenté du terrain, auquel s’ajoutent les oppositions sporadiques exprimées par les propriétaires terriens. Dernièrement, pour booster ce projet qui accuse un retard considérable, les délais contractuels n’étaient que de 36 mois à son lancement en 2014 et le taux d’avancement des travaux ne dépassant pas actuellement les 25%, le wali a invité les entreprises à renforcer leurs équipements et leurs effectifs respectifs. Mais cela est-il possible alors que les finances manquent et que les mouvements de contestation sont incessants ? Notons que l’enveloppe financière allouée à ce projet est de 50 milliards de dinars pour la réalisation de 48 kilomètres avec plusieurs viaducs et au moins trois grands tunnels.
Amar Ouramdane