«Vous n’avez pas besoin de crier pour que je vous entende». C’est la phrase qu’a prononcée, hier, le wali Madani Fouatih, en réaction à un groupe de citoyens qui l’attendait à l’entrée de la mairie de Baghlia. Faisant là sa dernière halte pour contrôler la gestion du système biométrique, le premier responsable de la wilaya de Boumerdès avait longuement prêté l’oreille aux représentants des quartiers de la ville. «Monsieur le wali, regardez bien cet échantillon de l’eau insalubre que nous buvons», l’interpellera tout de go un vieux père de famille. Et dans la foulée, d’autres citoyens poseront les problèmes de non-adduction au gaz de deux cités du centre-ville regroupant respectivement 80 et 40 familles, l’absence de l’électricité au quartier Lotissement et la non possession d’actes de propriété des maisons individuelles datant de plus d’une trentaine d’années. «Le raccordement des foyers au gaz de ville et le contrôle de la qualité de l’eau seront effectués avant la fin du mois en cours», leur promettra le wali. Accompagné d’autres responsables locaux, la wali s’était montré, hier quelques heures auparavant, très critique envers l’instance chargée de gérer la zone d’investissement locale. «C’est inadmissible ! Depuis 1987, sur 25 entreprises ayant bénéficié d’assiettes foncières ici, seulement cinq sont installées !», s’est-il emporté, en s’étonnant de surcroît de la présence dans cette zone d’un siège d’une institution. Le commis de l’État réitérera sa volonté d’assainir en urgence les dossiers de ces investisseurs, en insistant sur la nécessité de créer et d’encourager les pôles d’investissement spécialisés dans certaines communes. C’est le moyen le plus sûr pour développer les contrées, selon leurs ressources et créer, ainsi, de nombreux emplois avec garantie d’une plus value pour le pays», expliquera-t-il en substance. Lors d’une escale au niveau d’une unité de production de viande blanche, il se félicitera, à contario, de la gestion de son propriétaire. Le wali Madani Fouatih a, d’ailleurs, accepté de lui concéder une autre assiette foncière de 10 000 m² pour la création d’une unité de transformation de la fiente de poule en engrais. Au niveau de deux chantiers de constructions immobilières, situés en dehors de la ville, le wali insistera sur la nécessité d’accélérer la cadence des travaux, en refusant »le prétexte de l’arrêt pour cause d’intempéries ». «Le démantèlement des chalets, s’ajoutant à la résorption de l’habitat précaire à la fin décembre 2017, est l’une des priorités de ma feuille de route», a-t-il insinué.
Salim Haddou
