Le spectre de la drogue plane sur la ville d’El-Adjiba, située à une trentaine de kilomètres à l’Est du chef-lieu de la wilaya de Bouira, où des jeunes et des moins jeunes, des lycéens, voire des collégiens, s’adonnent à la consommation de stupéfiants, un fléau à l’origine d’ignobles actes de violences survenus ces derniers mois dans cette ville. Dans les différents quartiers et cités, des groupes de jeunes consomment de la drogue au su et au vu de tout le monde, ce qui provoque à chaque fois des scènes de violence, notamment devant les établissements scolaires. Outre la drogue, la «Harraga» vers l’Europe est aussi le problème majeur qui préoccupe les parents des élèves et des jeunes d’El-Adjiba, où plusieurs adolescents et jeunes ont rejoint illégalement la Turquie pour tenter d’atteindre l’Europe centrale. «Mon frère a passé six mois en Turquie sans pourvoir franchir la frontière grecque. Et maintenant, il est revenu après plusieurs semaines de souffrance», a confié un jeune originaire de cette ville. Durant ces derniers mois, près d’une dizaine de jeunes ont pu franchir la frontière turco-grecque dans l’espoir de rejoindre l’Europe de l’Est puis l’Allemagne ou la France. Originaire d’El-Adjiba, Oulaid Z., un jeune de 20 ans, est actuellement en Grèce après avoir rejoint la Turquie. «Je me porte bien, je ferai tout pour rejoindre la France quelles que soient les conditions», a-t-il confié à son frère Raid dans un appel téléphonique. D’autres groupes de jeunes de la ville se regroupent chaque jour dans des cybercafés pour tenter de contacter leurs amis en Europe et pour leur demander des nouvelles et des solutions, pour les rejoindre dans les prochains jours. «L’Europe n’est pas un paradis, mais elle est plus développée que l’Afrique, on pourra y réussir facilement», estime Yanis, un jeune de 22 ans. Ces quelques dernières années, le phénomène de la Harraga a pris des proportions alarmantes à El Adjiba et aussi à l’Est de la wilaya de Bouira. Des dizaines de jeunes sont tentés par ces aventures risquées. Certains arrivent à rallier leur destination où ils font face à un quotidien difficile, d’autres, en revanche, sont extradés dans leur pays d’origine lors des opérations de contrôle d’identité.
Toudert Sadi
