Des centaines d’étudiants ont répondu hier à l’appel à la marche pacifique et silencieuse lancé par le collectif estudiantin de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou.
Cette manifestation ‘’blanche’’ a été organisée en hommage à leur camarade Souak Djamel, assassiné, pour rappel, par arme blanche, le 3 février dernier devant le portail de Hasnaoua 1, après une altercation entre jeunes. Les initiateurs de la marche se sont donné rendez-vous, dès le petit matin, devant la bibliothèque centrale de l’université. Lors de prises de parole, les objectifs assignés à cette action et des consignes ont été rappelés aux nombreux étudiants présents. L’intérieur de l’université de Tizi-Ouzou grouillait de monde, bien avant le début de la marche. A 11h tapantes, des carrés bien encadrés se sont formés devant le portail de l’université pour entamer la marche en empruntant la montée du stade 1er Novembre. Le premier rang qui menait la marche était composé essentiellement des membres de la famille du défunt Souak Djamel, des citoyens de son village Aït Abdelmoumène et des organisateurs de l’action. Sur une banderole et des pancartes brandies, on pouvait lire : «Mobilisation pacifique pour une justice équitable», «Je suis Djamel» ou encore «Jusqu’à quand !». Plusieurs portraits du défunt étudiant ont également été brandis tout au long de la marche qui a marqué une halte au niveau du CHU Nedir Mohamed où une minute de silence a été observée en hommage au regretté Djamel qui y a succombé à ses blessures. La procession a ensuite poursuivi son chemin dans un silence religieux et une totale sérénité jusqu’à la Cour de justice. Dans une ‘’déclaration/dénonciation’’ lue par un étudiant, les rédacteurs condamnent avec fermeté l’assassinat de l’un des leurs : «Suite aux émois et traumatismes engendrés par cet odieux et effroyable assassinat de notre cher et regretté camarade Djamel Souak, survenu le 3 février 2017 en face de la résidence universitaire Hasnaoua I, nous, étudiants de l’UMMTO, avons l’obligation morale et humaine de réagir et de dénoncer fermement la gravité de cet acte barbare d’un temps révolu qui a malheureusement coûté la vie à un étudiant, dont le seul tort était de s’être innocemment retrouvé au mauvais endroit et au mauvais moment», dira l’orateur. Devant les marcheurs qui se sont rassemblés devant la Cour de Tizi-Ouzou, un délégué, voulant prendre tout le monde à témoin, ajoutera : «C’est pour cela que nous mettons l’opinion publique devant ses responsabilités, en déclarant que la violence est une question qui nous concerne tous, et que nous sommes dans l’obligation d’agir contre toute forme de violence et de haine. Djamel est une victime qui nous rappelle, tragiquement, que nul n’est à l’abri des violences sociales. Il est donc plus qu’urgent d’intervenir et de trouver une solution durable à ce fléau». Immédiatement après, les marcheurs se sont dispersés dans le calme.
Hocine Moula

