De nombreux citoyens d’un certain âge, au niveau du chef-lieu communal, ont fait part de leur grand désarroi suite aux augmentations des différentes prestations médicales chez les spécialistes et les laboratoires d’analyses médicales. «A M’Kira, il n’y a aucun spécialiste, ni aucun laboratoire d’analyses médicales, alors que la polyclinique est également dépourvue de ces services spécialisées, ce qui nous oblige de nous diriger vers les cabinets situés en dehors de la daïra de Tizi-Gheniff», indiquent nos interlocuteurs. Et d’ajouter : «Maintenant, avec l’augmentation des tarifs de soins médicaux, nous avons vraiment ressenti ce qu’est la crise. Avant, nous ne faisions pas grand cas de l’augmentation des carburants, tabac, denrées alimentaires &hellip,; mais maintenant que notre santé en est touchée, on est dans l’angoisse, car elle n’a, bien évidemment, pas de prix». Ainsi, pour Aami Rabah, ancien receveur de l’ex RSTA à Alger, retraité avec une maigre pension et souffrant de diabète et d’hypertension sans compter les nombreuses douleurs liées à une arthrose, son étonnement fut grand, lorsqu’il se présenta dernièrement, dans un laboratoire d’analyses médicales pour son bilan trimestriel afin de se ravitailler en médicaments pour son traitement. «Je suis diabétique depuis plus d’une dizaine d’années et, chaque trimestre, je me rends à mon laboratoire d’analyses médicales habituel, dont les prestations n’avaient jamais excédé les 1700 DA jusque-là. Sur les lieux, on m’a fait savoir que les frais s’élèvent, désormais, à 2400 dinars, soit une augmentation de 700 dinars. La visite médicale chez un spécialiste a également été revue à la hausse. Elle nous coûtait, il y a peu de temps, 800 dinars, ou 1000 DA, alors que présentement, elle est de 1200 DA, voire 1500 chez certains spécialistes», se plaint ce pauvre villageois. Il en est de même pour Si Rezki, un septuagénaire et ancien ouvrier à l’ex-APC de Tizi-Gheniff, qui fera part de sa «mal vie» : «J’ai connu les pires moments de mon existence pendant la guerre de libération avec toutes les souffrances inimaginables d’une existence en zone interdite, où quand on tombait malade, on attendait uniquement l’aide du Tout Puissant. Maintenant, il est vrai qu’il y a de tout, mais encore faut-il avoir les ressources nécessaires pour se déplacer ailleurs, car à M’Kira, il n’y a absolument rien». Notre interlocuteur enchaîna en confiant ses déboires financiers avec son ophtalmologue. «C’est la même chose chez tous les spécialistes, les prestations ont augmenté d’environ 50%, alors que la sécurité sociale ne rembourse que des miettes», termine notre interlocuteur. Sa fille, universitaire qui l’accompagnait, recrutée dans le cadre du dispositif de l’ANEM à raison de 10 000 DA par mois, lui emboîta le pas : «C’est pareil chez les dentistes. Il y a, à peine deux semaines, il m’a fallu débourser pas moins de 3100 dinars pour arracher une seule dent : 800 dinars lors de la première visite avec la prescription d’une radio à 1500 dinars et un second passage chez le dentiste pour l’extraction à 800, soit un total de 3100 dinars pour une simple extraction dentaire, sans parler des frais de déplacements jusqu’à Tizi-Gheniff et un probable contrôle médical à Draâ-El Mizan …».
Essaid Mouas