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Le pouvoir d’achat mis en exergue !

Ils étaient des milliers de personnes à répondre à l’appel à la marche nationale de l’intersyndicale, hier à Tizi-Ouzou.

Des travailleurs, des syndicalistes, mais aussi des cadres et des militants de partis politiques, à savoir notamment le PT, le FFS ainsi que la ligue algérienne des droits de l’homme ont pris part à cette action. Dès la matinée, la foule s’est regroupée à la place de l’ancienne mairie de la ville. Certains avait passé la nuit à Tizi-Ouzou, a-t-on appris, d’autres, en revanche, sont arrivés de bon matin. «On est venus d’Oran hier, ceux qui sont venus aujourd’hui n’ont pas pu dépasser les barrages de police», s’est indignée une syndicaliste. «La lutte syndicale avait arraché des droits qu’on n’est pas prêt à céder aujourd’hui, on est là à Tizi-Ouzou et on continuera jusqu’à l’obtention de nos droits», renchérit un représentant du CNAPEST d’Oum El Bouaghi. «Le pouvoir d’achat des travailleurs est en baisse de plus en plus. On ne va pas devenir des voleurs pour vivre ! Il faut agir !» criait un fonctionnaire de l’éducation venu de la wilaya d’Illizi pour «soutenir l’action de l’intersyndicale». Certains présents sur place, parmi lesquels des travailleurs et même des syndicalistes, n’ont pas apprécié la présence de représentants de partis politiques, ce qui les a poussés à scander : «Ce n’est pas une marche politique !» «C’est une marche pacifique et non une marche politique !», à maintes reprises. Les représentants de ces syndicalistes, quant à eux, ont salué la présence de ces derniers et considéré que «c’est une marche citoyenne avant tout, donc tous ceux qui se sentent concernés sont les bienvenus». La marche s’est ébranlée donc vers le siège de la wilaya, en marquant plusieurs pauses, pour essayer de se réorganiser notamment à cause de la circulation automobile qui ralentissait l’avancement de la foule et la dispersait. Les participants ont brandi l’emblème national et plusieurs autres banderoles et affiches sur lesquelles on pouvait lire, entre autres, les noms des syndicats, SNPSP, CNAPEST, SNTE, UNPEF, SNTFP… Ils étaient en tout 15 syndicats autonomes à avoir pris part à la manifestation. On pouvait distinguer, entre autres, les différentes wilayas du pays représentées, 34 sur 48 dont Oran, Tamanrasset, Illizi, Batna, El Bayadh, Mascara, Ouargla, Laghouat, Bouira, Béchar. Tout au long du trajet emprunté, les protestataires ont scandé plusieurs slogans hostiles au pouvoir et d’autres à caractère social «Non à l’appauvrissement du peuple», «Annulation de nouveau système de retraite (loi 15, 16 du 31-12-2016», «Pouvoir d’achat», «Participation des syndicats autonomes au dialogue et à toutes les négociations», «Justice sociale». Arrivant au siège de la wilaya où ils ont tenu un sit-in, on pouvait entendre les chansons du Matoub Lounes raisonner dans le ciel. Ces dernières ont laissé place aux voix des représentants des différents syndicats qui se sont succédé pour les prises de paroles. «C’est une journée historique, on veut dire non à la loi de retraite, oui pour revoir ses articles, oui pour un équilibre du pouvoir d’achat, non au code du travail qui irrite le travailleur. Oui pour la politique de l’emploi permanent. Cela ne se fera qu’avec la participation des différents syndicats dans le cadre de la Tripartite dont nous demandons l’élargissement aux différents syndicats autonomes», dira M. Dziri Sadek président de l’UNPEF. De son côté, le président du syndicat des praticiens, Dr Lyes Merabet, toujours dans la même optique dira : «C’est une journée historique par laquelle nous traçons l’avenir de notre pays dans la consolidation des libertés démocratiques et les acquis syndicaux. On est présents ici sur le terrain malgré les difficultés et les entraves. C’est l’anniversaire aussi de la création de l’UGTA historique, pas celui d’aujourd’hui qui n’est plus représentatif à nos yeux.» Les intervenants ont insisté sur la nécessité de rester «solidaires pour que leur lutte aboutisse». Plusieurs représentants ont sollicité durant leurs interventions le Président de la République pour intervenir en faveur des travailleurs. En effet, ils l’ont appelé à l’annulation de cette loi qu’ils ont estimée contre eux. Il est à noter que la foule s’est dispersée vers la mi-journée dans le calme.

Kamela Haddoum

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