RN 30 et 15 Éboulements, chutes de rochers… – Attention danger !

Comme de coutume, le retour du beau temps après un hiver rude et l’enclenchement du processus de réchauffement climatique produisent des mouvements géologiques pour le moins spectaculaires faits de chutes de rochers, d’éboulements de galets, de coulées de boue ou encore d’avalanches de neige par endroits en haute montagne. Aussi ces réactions naturelles commencent à se manifester dès la deuxième semaine du mois de février et visibles en bordures des deux routes qui franchissent les deux cols du massif de la chaîne montagneuse du Djurdjura en direction de la wilaya de Tizi-Ouzou à savoir la RN30 entre M’Chedallah et Tizi-N’koulal dans la commune de Saharidj et la RN15 entre Chorfa et Tirourda dans celle d’Aghbalou. À souligner que toutes les deux sont longues d’une vingtaine de km dont la moitié de leurs itinéraires respectifs traversent la partie rocheuse en haute montagne à partir de 700 mètres d’altitude pour en finir à 1200 m au sommet de chaque col. C’est sur cette partie rocheuse que se produisent ces impressionnants mouvements géologiques sachant que ce sont ces hauteurs qui sont constamment balayées par de violentes tempêtes de vents, de pluies diluviennes et de chutes neige qui s’accumulent sur les flancs du Yemma Khedidja pour atteindre les 4 à 5 mètres de hauteur par endroits durant toute la période hivernale. Aussi avec le retour du beau temps et des journées ensoleillées, en plus du débordement des nappes souterraines, l’on assiste au phénomène de la fonte des neiges qui s’enclenche rapidement et provoque des avalanches des plus impressionnantes en premier lieu suivies d’éboulements dès que la surface du sol se libère de la couche de neige et du verglas qui joue le rôle de colle. De dangereuses chutes de rochers atterrissent sur la chaussée entraînant des coulées de boue et des avalanches de galets qui finissent leur course dans les fossés de drainage qu’ils obstruent. Il est aussi fréquent d’observer le long de ces routes des affaissements de terrains sur les accotements comme c’est le cas actuellement en plusieurs endroits de la RN 30 et 15. Un ensemble de mouvements géologiques qui constitue un danger imminent pour les routiers et les milliers d’amoureux de la nature qui les prennent d’assaut chaque weekend. Cet état de fait aggravé par une brume opaque et permanente, qui ne disparaîtra qu’à la fin du mois d’avril, réduit sensiblement la vue même en plein jour. À cela s’ajoute le fait que la plupart des dangereuses avaries survenues depuis l’hiver 2016 sur ces deux routes n’ont pas été prises en charge à ce jour. Et ce ne sont pas les insignifiantes et rares plaques de signalisation qui réduiront ces dangers ni protéger les usagers de ces deux principales voies d’accès qui relient les deux territoires de la Kabylie séparée en deux par la chaîne montagneuse du massif du Djurdjura. Aussi l’extrême prudence est vivement recommandée aux routiers qui franchissent ces deux cols notamment de nuit. Il est utile de signaler que les cols sont ouverts à la circulation depuis le début du mois de février.

Oulaid Soualah