C’est l’association « Himayate Etadjer » qui a appelé à une grève » illimitée ». Le bureau de l’association avance les motifs suivants: dénoncer l’installation d’une foire commerciale depuis hier et jusqu’au 15 mars et exprimer le désarroi des commerçants devant les charges auxquelles ils sont soumis. Hier matin, pratiquement tous les magasins ont baissé rideau, à l’exception des pharmacies comme souligné dans l’appel à la grève. «C’est une action pour dire aux responsables que leur décision d’autoriser une foire en cette période n’a pas été bien réfléchie. Déjà que nos activités ont bien baissé depuis un bon moment. Et faire venir des commerçants ambulants qui cassent les prix parce qu’ils n’ont rien à perdre et tout à gagner est un coup violent contre notre corporation», nous explique un vendeur de vêtements installé dans les locaux de l’ex-Onaco. Nos interlocuteurs nous confieront par ailleurs que du 5 au 20 février déjà ils avaient constaté que beaucoup de leurs clients se rendaient jusqu’à Aïn Zaouia pour faire leurs achats à la foire commerciale qui s’y était installée : «Si nous ajoutons encore quinze jours à Draâ El-Mizan, nous aurons chômé au total un mois. Et il ne faut pas oublier que cette période est propice pour la vente de nos articles», fera remarquer de son côté un vendeur de draps, de couvertures et de couettes. «L’appel a été suivi à plus de 99%. Nous pensons qu’avec cette action, nos voix seront entendues. Les responsables locaux auraient dû nous consulter et nous faire participer à la prise d’une telle décision. Nous aurions avancé nos arguments. Mais personne n’a tenu compte de nous», nous expliquera un membre de l’association. Dans l’appel, il était précisé que la grève allait être «illimitée», mais certaines voix disent que ce ne sera pas le cas. «Les responsables concernés ont saisi la portée de cette action et ont compris que si la grève durait, les conséquences seraient très lourdes», nous dira un commerçant gréviste.
Amar Ouramdane
