Une commune qui se cherche

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La commune d’Ouled Rached, dont le chef-lieu est situé à 30 kms au sud est de Bouira, est considérée comme l’une des communes les plus déshéritées au niveau de la wilaya, tant elle manque de ressources pour son développement. Comptant essentiellement sur les subventions de l’État, la municipalité d’Ouled Rached possède néanmoins des atouts non négligeables en agriculture notamment, à travers les filières de l’oléiculture, de l’élevage des cheptels (ovins, bovins, caprins et avicoles), des maraîchages et de la céréaliculture. Cette localité est peuplée par environ 12 000 habitants, et occupe une superficie de 150 kms 2, faisant d’elle la commune la plus vaste de la daïra de Bechloul. Elle est limitrophe du côté Est avec la wilaya de Bordj Bou Arréridj. Cette municipalité est constituée de 16 villages qui enregistrent, selon le degré, des insuffisances dans plusieurs volets comme l’aménagement urbain, l’eau potable, le gaz de ville, la jeunesse et les loisirs, le transport, la santé, etc. Parmi ces villages, on peut citer: Ath Rached (chef-lieu) Assif Lakhmis, Taghzout, Avoulil, H’lassa, Ighil Nath M’hand, Hidous et bien d’autres. Pour décortiquer un petit peu la situation peu reluisante de cette contrée, nous citerons succinctement certaines carences, et pas des moindres. À commencer par l’eau potable qui enregistre une pénurie chronique sur les réseaux de distribution. Les habitants des différents villages touchés par la pénurie du liquide précieux sont contraints de « remonter » le manque d’eau dans les robinets en achetant des citernes d’eau payées rubis sur ongle à raison de 1000 DA le remplissage et plus. Le projet de raccordement de cette localité aux eaux du barrage de Tilesdit, bien que proche d’elle, tarde à voir le jour au grand dam de la population. L’autre problème concerne l’absence du réseau de l’assainissement dans certaines localités isolées, où les ménages se voient obligés d’évacuer les eaux usées vers des fosses septiques via des rigoles à ciel ouvert. Ce qui fait planer des dangers imminents sur la santé des habitants. Le gaz de ville manque dans certains villages comme Tamemacht, Chiboun et El Hammam. Les villageois se rabattent alors sur les bonbonnes de gaz butane avec toutes les tracasseries qu’elles leur causent, car il faut toujours parcourir des kilomètres à la recherche de cette source d’énergie. Le secteur de la jeunesse et des sports n’est pas non plus logé à meilleure enseigne, puisque les jeunes de la localité souffrent énormément de l’absence d’opportunités de travail, car la commune ne dispose pas d’usines pouvant absorber le chômage galopant. Les équipements de loisirs, mis à part, le chef-lieu et la localité d’Assif Lekhmis, où il existe deux salles polyvalentes, le reste des villages ne possèdent pas d’espaces culturels et de sport à même de sortir de la léthargie une jeunesse oubliée et marginalisée. Pour sa part, le transport de voyageurs manque terriblement dans quelques villages à l’instar de H’lassa, où les villageois doivent parcourir au moins 5 kms pour rejoindre l’arrêt de fourgons au niveau du chef-lieu. C’est dire que le cadre de vie dans les localités enclavées en particulier et dans toute la commune d’Ouled Rached en général est peu enviable à cause des carences à différents degrés qui touchent cette localité.

Y. Samir

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