Célébration de la Fête de la Victoire – Tizra Aïssa marque l’événement !

Comme chaque année, la fête de la victoire est célébrée avec faste au village de Tizra Aïssa qui avait vu naître, le 15 décembre 1922, Krim Belkacem, signataire des accords d’Evian.

La maison natale et familiale de ce grand héros de la guerre de libération, visitée tout au long de l’année par de nombreuses personnes qui affluent de tout le territoire national et de l’étranger, est depuis longtemps devenue un musée historique. Cette année, malgré le mouvement de protestation mené par les citoyens de la localité qui ont paralysé tout le chef-lieu de la commune, en haut, à Tizra Aïssa, la fête fut totale. La cérémonie, présidée par M. El Hadj El Hocine Chetabi, responsable de la kasma locale de l’Organisation des Moudjahidine, débuta par un rassemblement dans la cour de la demeure de la famille Krim, où l’hymne national fut entonné, suivi d’une minute de silence à la mémoire de tous les martyrs de la révolution. Ensuite, deux gerbes de fleurs ont été déposées à l’intérieur de la chambre où naquit Krim Belkacem, au pied de son grand portait. Ce furent ensuite les interventions de plusieurs invités. M. El Hadj El Hocine Chetabi rappellera le parcours du signataire des accords d’Evian, depuis l’année 1947, citant les noms de tous ses compagnons que les autorités coloniales surnommaient ‘’Les hors la loi’’, détaillant le processus du déclenchement de la révolution, puis son départ vers la Tunisie. «Krim Belkacem est un vrai ‘’zaïm’’ qui organisa les maquis à partir de l’année 1947 avec ses compagnons Oudni dit Si Moh Nachid, Mohamed Talha et les colonels Ali Mellah et Amar Ouamrane», rappellera l’orateur devant l’assistance, notamment des dizaines de jeunes venus de toute la localité mais également de Draâ El-Mizan, de Redjaouna ou Draâ Ben Khedda. Pour sa part, Aami Arezki Krim, le plus jeune frère de Krim Belkacem et le dernier survivant de la famille, a d’abord exprimé ses «regrets quant l’organisation d’une action de protestation le jour du 19 mars». Il déplorera le fait que les villageois, «malgré la légitimité de leurs revendications, n’aient pas mesuré les répercussions d’une telle initiative». Il retracera ensuite l’histoire de la famille d’El Hadj El Hocine, son défunt père. L’intervention de M. Saïd Bougheda, le maire d’Aït Yahia Moussa, ira également dans le sens de la condamnation du choix de la date de la contestation, pointant du doigt les véritables instigateurs, «ceux qui n’aiment pas leur localité, ni sa prestigieuse histoire». Quant à M. Mouloud Hachour, chef du service patrimoine culturel à la direction de la culture de Tizi-Ouzou, il transmettra les salutations et les meilleurs vœux de Mme Nabila Goumeziane, la directrice de la culture. Il informera l’assistance que le musée Krim Belkacem aura bientôt un nouveau statut, à la mesure du personnage auquel il est dédié. Côté ambiance, la troupe folklorique «Idhabalène», dirigée par Hacène Krim, a interprété de nombreux morceaux musicaux, créant une joie collective. Des dizaines d’enfants ont envahi la cour du musée, l’emplissant de rires et de cris de bonheur. Pour clôturer les festivités, tous les présents ont été conviés à déguster un couscous aux fèves vertes, bien arrosé d’huile d’olive du village et accompagné de petit lait. Un vrai festin servi au niveau du collège du village, qui porte le nom du moudjahid Mohamed Talha, un compagnon de Krim Belkacem, qui fut emprisonné en 1949 et qui ne sera libéré des geôles coloniales qu’après l’indépendance pour s’enrôler dans les rangs de l’ANP.

Essaïd Mouas.