Tarik Aït Menguellet – «Mon roman est loin d’animer une polémique religieuse»

Dans son premier roman intitulé Le petit prodige, dont la trame prend forme à partir d’un compte-rendu journalistique, l’auteur Tarik Aït Menguellet associe la spiritualité aux capacités surnaturelles et à l’actualité.

La Dépêche de Kabylie : Aissa, l’enfant qui parle dès sa naissance, que vous avez adopté comme personnage principal dans votre premier roman «Le petit prodige», paru dernièrement, n’aurait-il pas un ancrage ou un soubassement religieux ?

Tarik Aït Menguellet : Pas du tout. Cet enfant qui parle dès sa naissance adopté effectivement comme personnage principale et avec lequel commence l’histoire relatée dans mon roman est choisi juste comme un prétexte. Sinon, mon livre s’appuie sur des références multiples dont celles relevant, en effet, de la religion. J’ai bien évidemment utilisé autant de films que d’autres divers supports d’appui documentaires pour développer mes idées.

Votre roman n’a donc pas pour vocation d’animer une polémique religieuse ?

J’ai écrit ce livre pour faire un clin d’œil sur les différences qui existent entre les religions venant du même endroit. C’est donc une interprétation différente d’un même événement. Sinon, le roman est loin d’animer une polémique religieuse. Il se base en général sur l’idée des croyances certes, mais surtout sur les croyances superstitieuses.

Comment associez-vous l’enquête, qui est fondamentalement un des procédés journalistiques, à la narration dans la rédaction de votre roman ?

Il y a, en fait, un style qu’on appelle journalistique. Un style qui évoque la réalité dont on peut en faire un style romanesque. Que fait réellement un journaliste ? Il s’attache au fait. Il a une écriture directe et précise… Une écriture que l’on peut transposer d’ailleurs au roman, sans que ce soit une écriture purement journalistique. C’est à peu près ce que j’ai fait dans mon ouvrage.

Êtes-vous de l’avis selon lequel un écrivain, dont le travail consiste à écrire des livres, doit s’impliquer aussi dans la promotion de la lecture ?

On va dire que chacun a son rôle. Écrire un livre n’est pas du tout facile. D’abord, l’écriture nécessite énormément de temps. Et puis on prend même des risques en transcrivant ou en mettant noir sur blanc ses idées. On se met à nu en quelque sorte en écrivant un livre. Je pense que le fait d’écrire, l’écrivain a déjà accompli son rôle. Mais on ne va pas lui imposer des limites. S’il peut faire plus, qu’il le fasse. C’est utile qu’il incite par exemple à la lecture à travers l’animation de conférences, la participation aux salons du livre… Mais la promotion de la lecture ne doit pas lui être une obligation.

Entretien réalisé par Djemaa Timzouert