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Le citoyen face au mépris des autorités

“Pour le bien de la cité et le bien-être de ses habitants”, argumentent-elles Les autorités publiques, tous corps confondus, ont tendance à demander, parfois même exiger du citoyen d’être à l’écoute de ce qu’on lui demande et de se conformer aux règles du civisme, de la bonne citoyenneté et… de tout ce qui fait de lui un citadin modèle. Mais, ce “bon” citoyen, que récolte-t-il en contre partie si ce n’est l’indifférence, le dédain et la mauvaise gestion de sa communauté de la part de ceux qui ont la charge de ses affaires ?Les exemples illustrant ce manque de respect à l’égard du citoyen sont malheureusement légion. Et sans nul doute, les autorités publiques ne prennent ni la peine ni le temps pour passer en revue toutes les désobligeances qui l’empêchent de vivre en adéquation en se sentant plus à l’aise dans le milieu urbain. Dans la ville de Bouira, chef-lieu de wilaya, faut-il encore le souligner, les aspects dégradants tels que la présence des ordures ménagères à toute heure de la journée, les ruelles sans revêtement et l’omniprésence des bourbiers à l’intérieur même du centre ville reflètent une réalité qui crève les yeux et fait mal au cœur. Ce qui est plus grave encore c’est l’absence inconsidérée des plaques de signalisation et des panneaux induisant l’existence de quelconques travaux sur la voie publique à l’approche des chantiers qui existent pourtant dans de nombreux quartiers de la ville de Bouira. Cela expose indéniablement les citoyens, les piétons, les enfants particulièrement, au même titre que les automobilistes à un danger palpable et les risques d’un tel laxisme peuvent entraîner de fâcheux désagréments, pas uniquement en matière de dégâts matériels mais aussi en pertes de vies humaines. Pour citer d’autres illustrations pas moins abjectes, notons que de l’autre côté de la gare routière, en face de la sortie ouest du marché des fruits et légumes, le passage à niveau connaît depuis plusieurs semaines, voire des mois, des travaux de réfection d’un petit tronçon surtout. Aucune plaque interdisant le passage ou la présence d’un chantier en bonne et due forme n’a été placée pour éviter aux conducteurs d’emprunter cette voie puis faire demi-tour, une centaine de mètres plus loin avec toutes les péripéties que suppose une pareille négligence. De même, le long de quelques artères du centre-ville, de part et d’autre des trottoirs, depuis quelques temps les ouvriers de la commune avaient travaillé d’arrache-pied au déracinement des arbres morts et séchés en vue de les remplacer par de jeunes arbustes. A présent, les fosses sont vides et les arbustes ne sont toujours pas là. Il y a aussi l’incivisme des gens. D’ailleurs, cet état de fait n’attire nullement l’attention des services concernés et ceux de la DTP ne daignent point bouger le petit doigt pour remédier d’une manière ou d’une autre à ce gâchis qui coûte énormément d’argent au Trésor public. Même, ils ne semblent accorder aucun intérêt à ce qui se trame dans les rues de la ville. De fait, le rôle de la direction des travaux publics et les services de la commune devient pour ainsi dire futile, négligeable pour ne pas dire inexistant.Interpellé à tout bout de champ par les autorités pour faire preuve de son sens de civisme et de respect qu’il doit vouer à son cadre de vie, le citoyen se retrouve du coup confronter au laisser-aller, à l’insouciance et à une inadvertance caractérisée de la part de ces mêmes autorités. Alors que peut vraiment signifier sa modeste contribution et que peut-on attendre d’un citoyen, si conscient soit-il, quand il a en face de lui une attitude méprisante et des périls qui le guettent à l’intérieur même de ce cadre qu’il est censé défendre et protéger ?

Anis S.

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