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Les joueurs sept mois sans salaires !

L’USO Amizour a réussi de très bons résultats ces dernières semaines, ce qui atteste d’une certaine confiance retrouvée chez les joueurs.

Son cinquième succès de suite de samedi dernier au stade Larbi Touati face au CR Beni Thour est la confirmation de son net regain de forme constaté depuis plusieurs matchs. Cette métamorphose des joueurs de l’entraîneur Boussekine n’est pas le fruit du hasard, mais d’un travail de longue haleine entrepris par le staff technique qui, en l’espace de quelques mois, a mis sur orbite sa formation devenue une machine à gagner et que rien ne semble arrêter. Au vu de la sérénité et de la très bonne ambiance au sein du groupe, il ne fait pas de doute que Kheraz et ses coéquipiers sont décidés à se battre jusqu’au bout pour décrocher l’unique ticket menant en ligue 2. À priori, le pari semble difficile mais pas impossible pour une équipe qui enchaîne d’excellents résultats. Il est certain que le message lancé par les joueurs a pesé lourd dans cette prise de conscience. En effet, à la fin du match USOA-CRBT, ces derniers ont enlevé leurs maillots et sont allés les déposer au centre de l’aire de jeu, une manière d’exprimer leur ras-le-bol, laissant les supporters – dirigeants et arbitres pantois. La raison est toute simple : les joueurs, tout comme l’entraîneur, n’ont rien perçu depuis sept mois. Sur le plan sportif, l’USOA a surpris les observateurs en disputant la carte de la montée en Ligue deux. Avant six journées de la clôture du championnat, le club occupe la 1ère place avec 45 points, aux côtés de l’USBD et du RCK. Le premier responsable de l’USOA dit déplorer l’attitude des entrepreneurs de la ville et les responsables locaux , alors qu’il s’attendait à «plus d’égard de leur part, surtout que les caisses sont vides et que c’est maintenant que le club à plus besoin d’argent pour stimuler davantage les joueurs afin d’aller plus de l’avant pour mener ce club au palier supérieur. C’est maintenant que l’USOA a plus besoin de tous ses enfants». Devant les représentants de la presse, le président du club Omar Oumbiche n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour mettre à nu les difficultés financières du club. Il a profité de cette occasion pour tirer la sonnette d’alarme. «Pour un club qui joue l’accession, les choses devraient être autrement», dira-t-il. Avant d’ajouter : «Je les comprends très bien (les joueurs), plusieurs d’entre eux sont des pères de famille, alors que d’autres habitent hors de la ville d’Amizour». À cet effet, le comité «interpelle, les responsables et nos fidèles supporters à nous aider», conclura l’orateur. Prenant la parole à son tour, un autre dirigeant dira : «Si l’argent demeure le nerf de la guerre, comment une ville comme Amizour, où sont implantées plusieurs entreprises, n’arrive toujours pas à se défaire de ce marasme?». Pour rappel, les joueurs de l’USO Amizour sont montés au créneau la semaine écoulée en déclenchant une grève afin de réclamer la régularisation de leur situation financière et ne se sont pas entraînés durant deux journées. Ils ont décidé de recourir au débrayage pour faire valoir leurs droits. Les camarades de Nait Yahia ont même voulu boycotter le dernier match face à l’IBKEK, mais en fin de compte les dirigeants ont pu débloquer la situation en remettant aux joueurs une prime de match.

Samy H.

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