Dans la commune de Tizi n’ Tléta, au sud du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou, une municipalité forte de plus de 16000 habitants dont la grande majorité est jeune, les infrastructures sportives font vraiment défaut. Au chef-lieu, aucune salle polyvalente n’est disponible et encore moins un stade communal. L’unique salle de fortune existante sert au club de judo. Dans les villages, que ce soit à Ait Abdelmoumène ou Cheurfa, Ait El Hadj Ali ou même au village historique d’Ighil Imoula, rien n’est à mettre à l’actif du secteur du sport. Toutefois, à Ait Abdelmoumène, un semblant d’aire de jeux a été entamé par les autorités durant l’année 2007. Des montants ont été dépensés mais l’aire de jeux ne prend toujours pas forme. Le talus en amont n’est toujours pas conforté, le terrain est toujours caillouteux. La clôture et les vestiaires ne sont pas réalisés. Quant aux tribunes, le talus s’y prête bien. En somme un terrain juste nu. Les caves et autres locaux sans la moindre commodité prennent le relais. Les férus des arts martiaux s’y abritent en attendant mieux. Pourtant de grands champions, à l’image de Salem Yeddou, Taleb Mourad, Serkhane Amar, Zerbout Mouloud, Taleb Mohamed, les frères Zeghoud (Makhlouf, Kaci, Habachi et Bélaid) et Mouloud Ammakhodja ont appris les premiers gestes du karaté dans ces locaux. Personne n’a pensé à les récompenser par la réalisation d’une salle digne de ce nom. Pour les judokas de Tizi nTléta dont la réputation a dépassé les frontières du pays, c’est le même constat hélas. Signalons que le seul club qui ait été la fierté de la région, à savoir le multisport Ait Abdelmoumène (MSA), un club qui a évolué en l’espace d’une saison en division honneur, a dû mettre la clé sous le paillasson. Les joueurs ont été libérés et la plupart ont rejoint…les ruelles du village. «Nous n’avons ni stade, ni aucun moyen financier surtout depuis 2012. Nous n’avons eu d’autres choix que celui de libérer les dizaines de joueurs que nous avons formés. Certains font le bonheur des clubs de la région, d’autres sont livrés à la rue et à l’oisiveté», regrettera un des entraîneurs de l’équipe. C’est dire que les responsables concernés et notamment les autorités locales et ceux de la jeunesse et des sports sont appelés à remédier à cette situation qui malmène des milliers de jeunes.
H. T.
