Le président du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès, a réaffirmé, avant-hier, la détermination de son parti à faire un score honorable et, au moins, à préserver la troisième place lors des prochaines élections législatives.
C’était lors de son passage dans l’émission L’invité de la rédaction de la chaîne 3. Il a affirmé que «les jeux ne sont pas encore faits» et que «seul le peuple algérien décidera le 4 mai prochain». Sur la possibilité de recourir à des alliances pour former une majorité parlementaire, il a expliqué que ce sera vraisemblablement inévitable : «J’entends des partis dire qu’ils seront majoritaires seuls, moi je ne crois pas qu’il y aura un parti majoritaire seul». Amara Benyounès n’exclut pas de faire alliance avec tout parti avec lequel il s’entendra sur la base d’un programme: «C’est en fonction de nos résultats que nous négocierons des alliances. Nous sommes prêts à discuter avec l’ensemble des partis politiques qui reconnaissent la légalité des élections et la loi algérienne, a-t-il souligné. Le président du MPA a appelé à un vote massif, en assurant que le boycott mènera le pays vers «une impasse politique». «Pour une démocratie apaisée», le slogan du parti, signifie que «la solution dans le pays c’est la démocratie, mais une démocratie apaisée, sereine, dans la paix, pas une démocratie dans une guerre civile», a-t-il insisté. Dans un autre sillage, le responsable du MPA est revenu sur les défis auxquels l’Algérie sera confrontée dans les prochaines années. Il s’agit pour lui des défis sécuritaire et économique. «Nous sommes tenus, nous les partis, d’apporter des réponses aux citoyens, au moins pour les dix prochaines années, sur ces deux aspects», a-t-il dit. Sur la question économique, il a prôné le libéralisme social, il a plaidé pour «une économie efficace et une justice sociale», avec comme seule solution l’économie de marché. «Il n’y a pas d’autres solutions en économie à part l’économie de marché. Le monde socialiste s’est effondré dans le monde entier. Nous devons sortir de la gestion administrative et administrée de notre économie, nous devons aller vers l’économie de marché, toujours en préservant une justice sociale», ajoutera-t-il.
«Mis à part la haine du gouvernement et du Président, «l’opposition» n’a rien en commun»
Plus concrètement, le MPA propose la diversification de l’investissement, en levant les blocages, et la promotion de l’investissement privé, notamment en libérant le foncier industriel, agricole et touristique. Dans cette optique, Benyounès plaide pour que «tout le foncier revienne à la commune. Les municipalités doivent gérer le foncier». Il a insisté aussi sur le rôle du maire qui doit avoir «toutes les prérogatives». S’agissant des subventions, Benyounès a opté pour «une politique de sortie de ces subventions». En Algérie, elles sont économiquement inefficaces et socialement injustes». Ceci dit, le président du MPA précise que la sortie ne doit pas être brutale. «Il faut donner un complément de revenus aux couches les plus nécessiteuses, 80% des subventions vont aux personnes qui ne les méritent pas», a-t-il regretté. Sur la reconfiguration de la carte politique après les législatives, il a expliqué qu’«il y a beaucoup de partis qui sont arrivés depuis 2012 et qui sont présents dans beaucoup de circonscriptions électorales, dont le MPA, et qui vont émerger, comme il y a d’anciens partis politiques qui ont des difficultés importantes et sont en période de déclin depuis une dizaine, voire une quinzaine, d’années. Mais c’est le peuple qui tranchera…». «Je suis persuadé qu’il y aura une reconfiguration du paysage politique, c’est une page que nous sommes en train de fermer. Les partis qui ont été créés à la fin des années 80, et qui ont vécu la période du terrorisme, n’arrivent pas à répondre aux besoins de la nouvelle génération, ils connaissent de sérieux problèmes». Concernant l’opposition en Algérie, il regrettera : «Nous n’avons pas d’opposition structurée et organisée, avec un projet économique, social et culturel». «Mis à part la haine du gouvernement et du Président, ils n’ont rien en commun», assènera-t-il. Par ailleurs, concernant la réforme de l’école, Benyounès a estimé qu’ «elle est capitale, essentielle et fondamentale, c’est la mère des réformes, il faut sortir l’école de cette prise d’otages politique et la libérer de l’idéologie rétrograde. Il faut que l’école forme le citoyen et non le militant politique. Il faut aller vers une école moderne…»
Kamela Haddoum

