Elle est bien loin l'époque où le village Hamda, situé à 7 kms du chef-lieu de Boudjellil, grouillait de monde.
En effet, cette bourgade qui culmine à plus de 600 mètres d’altitude était habitée par environ 500 âmes et ce jusqu’à la fin des années 1990, où elle a été le théâtre d’un exode sans pareil. Les habitants mécontents des conditions de vie dans leur patelin ont déserté les lieux pour aller s’installer ailleurs. Partis par « contingents », les villageois ont laissé derrière eux un village panoramique, rempli d’histoires et d’anecdotes, où les maisons traditionnelles, typiquement kabyles, résistent encore au temps et aux aléas de la nature. Le visiteur se désolerait de ce « dépeuplement » car les lieux, surtout en cette saison printanière, ressemblent à un coin de paradis, tant la verdure, les fleurs et les sources d’eau emplissent l’endroit. Du haut de ce village, le visiteur pourrait dominer tout l’arrière-pays de la vallée de la Soummam. Une vue magnifique! Actuellement, il ne subsiste qu’une seule famille à Hamda qui ne veut pas quitter le village des ancêtres. Néanmoins, les anciens habitants n’ont pas coupé, pour autant, le cordon ombilical avec leur village qui les a vus naître, car de temps en temps ils rappliquent pour humer l’air frais de « Taddart » et garder l’œil sur leurs biens. Les ruelles étroites de Hamda bordées de part et d’autre de vieilles bâtisses en pierres sèches inspirent au visiteur un calme exorcisant. Le silence est entrecoupé par un léger souffle de brise de montagne qui emplit les lieux avec les senteurs de pins d’Alep qui pullulent dans les pinèdes environnantes. Ce patelin possède quatre lieux de rassemblement appelés communément Tijmouâï (tajmaït pour le singulier). L’on recense: annar nath chiri, assamar, tajmaat et tazeboujt. Ces « cercles » de rencontres entre villageois du même quartier (sof) grouillaient de monde il y a quelques décennies de cela pour tomber en désuétude actuellement. Certes, la volonté de revenir s’y installer tente plusieurs anciens habitants surtout avec l’aide à l’habitat rural et l’alimentation en gaz de ville. « Les temps ont changé et les moyens existent maintenant. Le village peut faire vivre avec l’investissement dans plusieurs filières comme l’aviculture, l’élevage des cheptels, l’apiculture, l’arboriculture et bien d’autres! Le village de Hamda renaîtra de ses cendres, un jour, car les gens suffoquent dans les villes, où l’air pollué, le stress et le rythme endiablé de vie agace les citadins! » affirme un ancien habitant de Hamda.
Syphax Y.

