Il prédit le FLN première force politique dans la wilaya – Ould Abbès défie le FFS à Béjaïa

Le secrétaire général du FLN a investi ce week-end en force la Kabylie où il a animé trois meetings successifs dans le cadre de la campagne pour les législatives. Après Bouira mercredi, jeudi, il était à Tizi-Ouzou, et le lendemain vendredi à Béjaïa. En effet, devant une foule nombreuse, le secrétaire général du FLN Djamel Ould Abbès a animé, avant-hier, un meeting à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. Après l’allocution d’ouverture, le directeur de la campagne dans la wilaya, Kamel Ougmat, a procédé à la présentation des candidats aux législatives prochaines. Said Lakhdari, tête de liste et Mohafed de Tizi-Ouzou, a pris à son tour la parole. Il a axé son intervention sur la nécessité de booster le développement dans la wilaya en encourageant l’investissement. Il a évoqué le problème du foncier qui, dira-t-il, «entrave ce dernier». À ce propos, il a insisté sur la nécessité de réaliser des zones d’activités et régler le problème des oppositions. Il a parlé, notamment, de la zone d’activités de Souama, «un projet de grande importance pour la région mais qui peine à se réaliser», a-t-il regretté. Et c’est sous un tonner d’applaudissement, accompagné des youyous de nombreuses femmes présentes dans la salle et des «Assa azekka le FLN yella yella» que le SG du FLN a pris la parole. D’emblée, il n’a pas hésité à se lancer dans un jeu de séduction, en jouant sur la fibre identitaire en prononçant quelques mots en kabyle et en révélant : «Je prends des cours de tamazight à domicile. Il n’y a aucun complexe à ça, au contraire il faut valoriser ce patrimoine. La langue amazighe c’est notre culture, c’est notre identité et notre histoire depuis Jugurtha et Massinissa», soulignera-t-il. Il est allé jusqu’à évoquer le chanteur Idir et sa chanson Tizi-Ouzou. «L’Algérie sans la Kabylie n’est pas l’Algérie», a-t-il ajouté. Il a consacré un bon moment pour vanter les mérites de la région et ses héros pendant la guerre de l’indépendance, notamment Krim Belkacem, et a fait la liaison avec la naissance du parti dans la région : «Le FLN est né ici et a signé l’indépendance du pays», dira-t-il sous l’applaudissement de l’assistance qui avait l’air être conquise. «La Kabylie est prospère», lança-t-il, «Et rebelle», a commenté un des présents, auquel Ould Abès n’a pas hésité à répondre : «Rebelle oui, il faut le dire belle et rebelle et prospère», a-t-il soutenu. Concernant la campagne électorale, il a rappelé que le FLN forme le gouvernement : «Le FLN c’est l’État», a-t-il souligné. Le SG a, également, salué les efforts de l’État, en avouant toutefois «qu’il y a toujours des manques. » Dans ce sillage, il a émis le souhait d’être le premier parti qui aura «la majorité absolue» au parlement en mai prochain. Le slogan du parti, selon Ould Abès, est «la sécurité et la prospérité au sein de la dignité et la fierté». Il s’est engagé «solennellement» entant que Moudjahid et ancien condamné à mort, à régler les problèmes de la population de Tizi-Ouzou, évoqués par le wali et les autorités concernées. Il a parlé, entre autres, d’un ensemble de projets qu’il a promis de concrétiser ou de réhabiliter, commençant par un deuxième CHU à Tizi-Ouzou, la réhabilitation du complexe mère-enfant, la policlinique de Timizert, la réévaluation de l’hôpital de 60 lits, ou encore le lycée d’Idjeur, un CEM pour Azazga, la réhabilitation de campus universitaire… Concernant l’habitat rural, il s’est engagé au non du ministre concerné à le «débloquer» pour les 22 communes rurales de la wilaya. S’agissant du programme du parti, i a affirmé : «Notre programme est celui du président de la République». À ce dernier, Ould Abbès a exprimé fidélité et soutien : «Nous avons marché avec lui et on marchera jusqu’à l’éternité», dira-t-il. Depuis Tizi-Ouzou, le SG du FLN a lancé un appel à un vote massif : «Les élections prochaines sont l’alternance du pouvoir entre l’ancienne et la nouvelle génération», a-t-il tonné en précisant que sa génération a fait ce qu’elle pouvait et que maintenant il est temps de passer le flambeau. Pour conclure, il dira : «Le FLN est spécifique. Le FLN est la colonne vertébrale de l’Algérie. »

«Je suis partisan du dialogue même avec les séparatistes»

En meeting, hier, à la grande salle du théâtre régional de Béjaïa, le SG du FLN, Djamel Ould Abbès, a exhorté les candidats de son parti aux législatives, d’être «offensifs et non agressifs», lors de leurs sorties publiques. «J’ai donné des instructions à nos militants de faire une campagne propre. Au FLN, nous respectons tous les partis, dont ceux de l’opposition», a-t-il soutenu, en invitant, sans les citer, les détracteurs de son parti à «élever le niveau du débat». Une allusion, à peine voilée, à la dernière sortie du candidat tête de liste FFS qui a accusé le FLN et le Drag de «fraude» lors de la confection de la liste de l’ex-parti unique. Dans son discours, Djamel Ould Abbès a surtout mis l’accent – une sorte de réplique à ceux qui remettent en cause son passé révolutionnaire – sur son statut de Moudjahid et d’ex-condamné à mort. L’orateur a, aussi, affiché son ambition de faire du FLN, à la faveur des prochaines législatives, «la première force politique dans la wilaya Béjaïa». Une prédication qui sonne comme un défi lancé aux partis dit ancrés dans la région particulièrement au FFS qui président en majorité aux destinées de l’APW et des APC de la wilaya. «On sera la première force politique à Béjaïa», a-t-il clamé, en promettant que les candidats de son parti, s’ils sont élus, prendront en charge toutes les préoccupations soulevées par les citoyens de la région. Le SG du FLN s’est dit, en outre, «partisan du dialogue, même avec les séparatistes du MAK, pour résoudre les problèmes», rappelant ses nombreuses visites à Béjaïa lors du printemps noir. Au cours de ce meeting, Ould Abbès dira qu’il n’est pas «venu à Béjaïa pour donner des promesses fumeuses». Il ne s’est pas, pour autant, empêché d’évoquer les quelques projets en souffrance dans la wilaya. Des projets que «le FLN prendra en charge», a-t-il promis, «sachant qu’il est un parti de pouvoir». Avant de clore son intervention, le SG du FLN a évoqué, la gorge nouée, la disparition mystérieuse de Saïd Djouder, candidat sur la liste du parti aux prochaines législatives : «Ça m’a bouleversé ; que Dieu le protège», a-t-il dit, en informant l’assistance qu’il allait se rendre, dans l’après-midi d’hier, à son domicile pour rendre visite à sa famille.

Kamela Haddoum et D. S.