Cette semaine, les organisateurs ont fait une heureuse improvisation pour la domiciliation du Café Littéraire. Ils ont tout simplement tenu l’activité sur la terrasse d’un café.
L’invitée de cette édition, qui fera date, était Rénia Aouadène. Originaire de la commune de Boukhlifa, elle est enseignante d’espagnol en France. Après des études en littératures et civilisations hispano-américaines, elle a vécu deux années en Andalousie, à Cordoue puis à Grenade.
Elle est passionnée de l’histoire espagnole, judéo-arabo-berbère. Elle est auteur de plusieurs ouvrages dont le dernier, réédité en Algérie aux éditions Al Kalima, intitulé «Un maure dans la Sierra». Le sujet de son intervention fut la personnalité et l’œuvre de Nabil Farès, fils d’Abderrahmane Farès, premier chef de gouvernement de l’Algérie indépendante, qui a géré la période de transition entre la France coloniale et le nouvel Etat algérien.
Cette rencontre était prévue de longue date, juste après le décès de l’écrivain en août dernier. Rénia a d’emblée regretté qu’il n’y ait pas eu beaucoup de personnes à l’enterrement de l’écrivain. Elle rappellera son parcours, avant, pendant et après la guerre de libération nationale. «Après avoir recherché son idéal, il a fini par devenir psychanalyste.
C’est donc pratiquement en tant que tel que dans ses livres il analyse son pays. Ses œuvres, quoi que relativement difficiles à lire, racontent la douleur que ressentait Nabil Farès à l’égard de son pays. Sa description du pays, de ses mœurs et de sa réalité ne peuvent laisser personne indifférent. Surtout que son analyse reste encore d’actualité.
Ses livres n’ont donc pas pris de rides, et c’est avec plaisir qu’on peut encore les lire. Des parallèles ont ainsi été faits avec les œuvres de Feraoun et de Camus», dira l’intervenante. La deuxième rencontre a eu lieu à Béjaia même, à la Brise de Mer. Elle a réuni un groupe de personnes en plein air, sur des escaliers, pour parler de l’histoire de Béjaïa.
C’est le Dr Reda Bakli, Maître de conférences à l’Université de Béjaïa, qui a animé la rencontre, en compagnie d’un chercheur écossais en histoire amazighe, Paul Anderson. Les personnes présentes ont ainsi pu profiter du cadre, pour écouter parler deux passionnés de culture et d’Histoire, chacun dans son domaine de prédilection, tout en apprenant beaucoup de nouvelles choses sur notre histoire.
L’invité écossais a attiré l’attention de son auditoire sur l’origine berbère des noms d’un certain nombre de planètes et d’étoiles, alors que jusque-là on les pensait d’origine grecque ou latine. Ces deux événements ont été tenus quasi simultanément, sans programmation ni concertation.
Se pourrait-il que ce soit un signe des temps, et que le moment soit venu pour faire sortir la culture et la science des murs derrières lesquels ils sont confinés, pour permettre à la population de se les approprier ?
Cela permettrait certainement de mieux les faire connaître et d’élever le niveau de culture, de science et de conscience des jeunes, en complément de ce qu’ils apprennent à l’école et sur Internet.
N. Si Yani.
