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Les adieux de tout Aokas à son artiste

Mercredi dernier, aux environs de midi, le pionnier de la chanson à Aokas, Azzedine Berkouk, a rendu l’âme, à l’âge de 60 ans, après plusieurs semaines d’hospitalisation. Célibataire endurci, Azzedine a tout le temps vécu seul, certes loin des siens, mais très proche de la population. La preuve est cet hommage qui lui a été rendu lors de son enterrement, avant-hier, au cimetière de «Sidi Ali Ouyeni», dans la localité d’Aït Aïssa, à Aokas. Il y avait une importante foule, dont le maire et son adjoint. Il n’était pas facile, d’ailleurs, de trouver une place où garer son véhicule, pour pouvoir rejoindre le cimetière et assister à l’enterrement. Azzedine était l’enfant chéri de toute Aokas. Il était dans toutes les fêtes. Presque aucun mariage n’a été fêté sans qu’Azzedine ne soit sollicité pour animer la soirée, témoignent les habitants. Il était le premier à chanter au moment où cet art était considéré comme un tabou par l’ancienne génération. Il s’était investi dans la chanson et il s’était forgé, malgré les contraintes et les aléas de la vie. Un profil d’artiste bien qu’il n’ait à son actif qu’une cassette de six chansons, sortie en 1986. La chanson phare de cet album, intitulée «Nemsefrak», en dit long sur la vie sentimentale d’Azzedine qui restera, d’ailleurs, célibataire jusqu’à sa mort. «Nemsefrak Bla Lebghi» (On s’est séparés contre notre gré) est une chanson composée en allusion à son amour de jeunesse qui semblait être à sens unique et qui a bouleversé le chanteur au point où il décidera de rester célibataire plutôt que de réserver une place dans son cœur à une autre personne. Il voulait garder dans son cœur son seul et unique amour, comme dira un de ses proches. Azzedine a accompagné sa dulcinée du regard depuis son enfance jusqu’à son adolescence mais, celle-ci semblait avoir ses préoccupations ailleurs.

A Gana.

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