Aguemoune est l’un des plus grands villages de la commune de Béni Maouche dans la wilaya de Béjaïa.
Il compte environ 3 000 habitants et il est situé au Sud du chef-lieu communal, dans une vallée, tout en bas du versant Est de la montagne d’Achtoug. Composé de terres fertiles, la seule économie y existante est l’agriculture, une activité que pratiquent les familles ayant choisi d’y rester car beaucoup d’entres elles sont parties vivre sous d’autres cieux, notamment à la grande ville où les conditions de vie sont meilleures. Les agriculteurs sont donc les seuls agents économiques dans ce village qui n’a jamais perdu sa vocation. En regardant en bas à partir du chef lieu, on y voit des dizaines de serres agricoles, visibles de loin avec leurs films de couleur jaune. Un jeune agriculteur que nous avons croisé sur notre chemin nous a confié les raisons qui l’ont poussé à créer sa propre entreprise agricole dans un village reculé comme Aguemoun. «J’ai vécu avec mes parents à Alger dans un appartement. Et c’est là-bas que j’ai fait mes études. Pendant mon jeune âge, je revenais avec mes parents durant l’été ou les fêtes religieuses à Aguemoune. À l’âge adulte, l’appartement d’Alger ne nous suffisait pas car notre famille s’est accrue considérablement. C’est delà que j’ai décidé de venir m’installer dans ce village où mes parents possèdent une maison ancienne et des terres agricoles laissées à l’abandon», a déclaré notre interlocuteur qui, continuant dans le même ordre d’idées, a fait savoir qu’il a commencé par d’abord mettre en valeur leurs terres en procédant à leur défrichage. Ensuite il a entamé les greffages et a comblé les espaces nus avec des plantations d’arbustes. «J’ai bénéficié des aides de l’État et des crédits bancaires avec quoi j’ai réalisé un forage, érigé une serre agricole que j’ai transformée en poulailler où j’élève du poulet de chair. Je pratique en parallèle certaines activités agricoles telles que l’apiculture, les maraichères, etc. » a ajouté notre interlocuteur. Pour ce jeune agriculteur, la boucle est bouclée par l’aide au logement dont il a bénéficié des pouvoirs publics dans le cadre du Fonal, ce qui lui a permis de construire son propre logement. La prospérité de son entreprise lui a permis d’économiser de l’argent et d’acheter un véhicule. «Quand, je me rends à Alger voir mes parents, mes anciens amis du quartier m’envient pour ma réussite et rares ceux d’entre eux qui ont réussi à se faire une situation comme la mienne», a ajouté ce jeune fellah qui a aussi révélé qu’il participe à toutes les foires agricoles qui se tiennent à Béni Maouche où il tient toujours un stand garni de ses produits agricoles du terroir. Des jeunes de sa trempe sont nombreux à Béni Maouche et dans d’autres villages de Kabylie. Au vu de la disponibilité de l’eau souterraine, les agriculteurs délaissent les creusages de puits pour des forages jugés plus rentables, beaucoup d’autres cultures y sont pratiquées mais le figuier occupe une place de choix où pas une parcelle ne contienne en abondance cet arbre fétiche qui donne la figue, un produit du terroir qui vient de décrocher un label qui lui permettra d’être exporté. Chaque année, une fête est consacrée à ce fruit dans cette commune rurale. Cette région qui a bénéficié des égards et des aides conséquentes de la part de l’État n’a pas dévoilé tous ses secrets en matière de développement. Outre certaines cultures dans le domaine agricole qui se révèlent comme des atouts majeurs qui méritent d’être mis en évidence, ce qui aiderait cette région à se développer, cette commune dévoile un autre aspect économique que constitue le tourisme de montagne, un secteur aux potentialités non négligeables.
L. Beddar
