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La saint valentin kabyle

Lorsque le soleil déclarait sa flamme à la terre et que celle-ci a revêtu son manteau fleuri en réponse, la vie retrouve la vie et les sens se reveillent chez l’homme.Dans notre société, malgré le trac et la timidité qui la caractérisent, l’énergie procréatrice trouve des chemins et des prétextes dérobés pour se réaliser.Ainsi, la fête de Tafsout en est un de ces prétextes. Ce jour-là, les femmes et les hommes sentant le réveil des sens, s’en vont par monts et vallées à la recherche de l’autre.Ce jour-là est différent par la nourriture, les habits et même par le comportement des enfants. Un parfum de sensualité enserre la montagne, et la terre entière devient une couche géante. Cette fois-ci, nous nous sommes intéressés aux achats que font les couples d’amoureux chez les bijoutiers. Car toute fête est une occasion d’offrir à l’autre, tissant ainsi des liens solides. Si la bague de fiançailles est la vedette des achats, elle n’est qu’un but lointain au début de l’histoire.Nous nous sommes rendus chez le bijoutier B. Younès, à Guendouze pour savoir ce qui se passe réellement, en ce Amenzu N’tefsut.Ce que nous avons vu et qui a été confirmé par le bijoutier est que pendant la fête de Tafsut, le “cœur” est roi. Il est vendu en or, en argent et dans différents coloris pour les pierres précieuses (corail … etc). Les bijoux vendus sont souvent en argent car les jeunes couples par économie ou philosophie, privilégient le symbole à la valeur, mais ils ne vont sont pas tarder à changer et opter pour l’or comme matériel de l’amour, et finir par sentir l’amour du matériel, tout court.Enfin, ça c’est une autre histoire, continuons. Les “cœurs” sont vendus sous forme de bagues, de gourmettes ou de chaînettes. Souvent offerts à la lisière des forêts, ils constituent le seul objet solide et véridique dans un fatras de mensonges et de promesses non tenues.Notre époque a peint de précarité le gîte, le labeur et les opinions. Comment voulez-vous que les sentiments soient épargnés ? Avec la fête de Tafsut, nous tenons le fil de l’universel qui nous rattache si bien à notre terre. Elle revient chaque année de plus en plus aimée et aimable. Par tolérance, l’amour que cache la forêt sort dans les prairies. Les saints locaux sont réveillés de leurs torpeur et cessent de méditer. Ils doivent ouvrir leurs cahiers de doléances. Les femmes demandent santé et bonheur, puisse Dieu y répondre dans sa miséricorde infinie. Le soleil décline dans le ciel, faisant un dernier bisou tiède à sa dulcinée la terre, les hommes et surtout les femmes, s’empressent à regagner leurs foyers pour voir le dernier feuilleton algérien et passer une douce nuit dans les tendres bras de… Morphée !

Y. Arab

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