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Le Snapap réclame 500 postes pour Tamazight

Nonobstant son officialisation, la langue amazighe peine toujours à trouver sa place.

La preuve, « sur les 10 000 postes ouverts pour le recrutement des enseignants, en prévision de l’année scolaire 2017/2018, seul 57 postes sont attribués pour l’enseignement de cette langue, sur l’ensemble du territoire national », a déploré le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap).

«Le nombre de postes retenues pour l’enseignement de la langue Tamazight, dans les trois paliers, est loin d’être suffisant», a dénoncé le chargé de communication de la Fédération nationale des travailleurs de l’éducation, affiliée au Snapap, M. Nabil Ferguenis. «Ce nombre, a-t-il dit, contredit toutes les déclarations faites par le ministère de l’Éducation nationale au sujet de la généralisation de l’enseignement de la langue amazighe, sur l’ensemble du territoire national».

«D’un côté, l’on parle de l’officialisation de la langue amazighe, alors que d’un autre, l’on assiste à une marginalisation, sur le terrain, qui se traduit par l’ouverture de seulement 57 postes au niveau national», a signifié M. Nabil Ferguenis. Il a, à cet effet, dénoncé ‘’la marginalisation de l’enseignement de la langue amazighe par le ministère de tutelle lors du concours de recrutement d’enseignants qui aura lieu le 29 juin prochain’’.

«Sur les 10 000 postes ouverts, Tamazight n’a eu que 57 postes, soit un pourcentage de 0,58%», a déploré notre interlocuteur qui appelle la tutelle à ouvrir davantage de postes. Le chargé de communication de la Fédération en question appelle la tutelle «à revoir son programme de recrutement et à ouvrir 500 postes, pour que les enseignants de cette langue puissent être présents au moins sur 50% du territoire national». «Il faut qu’il y ait une volonté politique pour que cette langue progresse», a-t-il recommandé.

Il a, dans ce contexte, déploré le fait que l’enseignement de Tamazight soit présent uniquement en zones berbérophones. En outre, la même source s’est interrogée sur le sort des 5 000 diplômés en langue amazighe qui, selon lui, risquent de faire face à un chômage certain. Il ajoute, dans ce sens, qu’«avec la politique de la tutelle, les jeunes ne seront plus intéressés d’étudier cette langue».

Dans le même sillage, ce syndicaliste a demandé l’abrogation de la loi d’orientation 2008, qui stipule que «Tamazight est une langue nationale, alors que selon la Constitution, et depuis 2015, cette langue est désormais une langue nationale et officielle», dit-il. «Le département de Mme Nouria Benghabrit continue à se référer à la loi d’orientation 2008, alors que cette langue est devenue officielle», a déploré notre interlocuteur.

Par ailleurs, M. Nabil Ferguenis a évoqué un manque énorme d’encadrement. Ce syndicaliste a, à ce effet, appelé le ministère de tutelle, à ouvrir des postes pour les inspecteurs de Tamazight.

L O Challal.

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