BOUZEGUÈNE – Projet de la stèle du Colonel Si Mohand Oulhadj – Les travaux à l’arrêt

Les travaux de la réalisation de la stèle dédiée au dernier chef de la willaya III, en l’occurrence Mohand Oulhadj Akli, sont l’arrêt depuis des mois. Par conséquent, les citoyens, notamment les moudjahidines de la région, s’interrogent sur les raisons de ce blocage. «C’est la moindre des choses qu’on puisse faire, pour préserver la mémoire de ce colonel, symbole de bravoure et de combat. Cet homme a sacrifié sa famille et toute sa fortune, pour la libération du pays. La réalisation de cette stèle sera, aussi, un moyen d’enseigner l’Histoire à nos enfants. Nous, moudjahidines de la région de Bouzeguène, exigeons la reprise des travaux, pour honorer notre frère Si Mohand Oulhadj, d’une part, et permettre aux retraités de se retrouver entre eux sur les lieux qui serviront de placette publique», dira un membre de l’association qui porte le nom dudit Colonel. De son côté, le P/APC de Bouzeguène expliquera que ce blocage est dû à la situation financière que traverse du pays : «Lors de sa visite dans notre région, le mois de novembre passé, le wali a, effectivement, promis de nous aider par tranches, pour la réalisation de ladite stèle, dont le lieu d’implantation servira aussi de placette publique. Il nous manquait, alors, un milliard et 200 millions. La moitié de cette somme requise a été dégagée des PCD. Quant à l’autre moitié, on sollicitera le wali à cet effet», dira Bessaha Mourad maire de Bouzeguène. Pour rappel, le colonel Si Mohand Oulhadj, de son vrai nom Akli Mokrane, est né le 7 mars 1911 à Athwizgan, dans la commune et daïra de Bouzeguène. Il a fait ses études primaires à l’école d’Aït Ikhlef, et a décroché son certificat d’études primaires à Michelet en 1926. Après ses études, il commença à travailler avec son père comme forgeron. Pour améliorer le sort des siens, il part en France pour travailler dans une usine mais l’attachement, la nostalgie et l’amour du pays l’ont poussé à y revenir en 1936. Il avait travaillé à Sétif et à Alger en 1947 et regagna, plus tard, son village natal pour régler une affaire familiale. Une année après, il s’installa à Ighil Bouamas, chef-lieu de la commune de Bouzeguène, où il a travaillé comme vendeur de denrées alimentaires et de matériaux de construction. Sa bonne conduite, son éducation, sa sagesse et son sens de responsabilité n’ont pas échappé aux moudjahidine qui l’ont désigné à la tête de la Djemaaâ d’Akfadou. En avril 1955, il assiste à la première réunion avec Krim Belkacem, Si Nacer et Amar Ath Chikh. Il rejoignit le maquis en compagnie de ses trois enfants. Il a mis toute sa fortune (7 millions de francs) au service de la révolution. C’était, aussi, lui qui a baissé les couleurs françaises et hissé le drapeau national à Sidi Fredj le 5 juillet 1962, date qui coïncide avec l’arrivée des forces coloniales en 1830. Honnête qu’il était, juste après l’indépendance, il rend 46 kg d’or au trésor public. À noter qu’il a occupé plusieurs postes après l’indépendance, comme membre du secrétariat exclusif du FLN, en juin 1965. Hospitalisé à l’hôpital militaire d’Alger puis à Paris, il quitta ce monde le 2 décembre 1972. Son enterrement a eu lieu dans son village natal aux côtés des siens, suivant sa volonté.

Fatima Ameziane.