Des dizaines de délégués syndicaux et membres de la société civile de Bejaia ont organisé hier, dès 10 heures 30, un rassemblement devant le portail d’entrée de la direction d’Algérie-poste, sise au boulevard de la Liberté à Bejaia, pour réclamer la réintégration à son poste de travail du syndicaliste d’Algérie-poste, Amar Younsi, suspendu de ses fonctions le 7 mai dernier à Sidi Aich.
Interrogé sur les motifs invoqués pour sa suspension, Amar Younsi souligne qu’il est tout simplement victime d’une injustice flagrante commise à son encontre par l’administration d’Algérie-poste. «Je n’ai pas été suspendu dans le cadre de mes fonctions. La sanction est d’ordre syndical. La sanction a été prononcée à mon encontre car j’ai dénoncé un dépassement de la part du directeur de wilaya d’Algérie-poste, à savoir la dégradation d’un agent chargé de l’intérim pendant 33 mois alors que la réglementation stipule qu’un agent qui assure l’intérim pendant 1 an et 1 jour est confirmé dans ses fonctions. Voilà en résumé la genèse de mon affaire,» explique notre interlocuteur, qui, du haut de ses 52 ans, est père de 4 enfants et précise qu’en 31 ans de services, il n’a fait l’objet d’aucune sanction administrative. À noter que de peur que les manifestants envahissent le siège de la direction, des instructions ont été données, tôt le matin, aux agents de sécurité de bien fermer le portail et de ne laisser entrer que les agents rejoignant leur poste de travail. Les protestataires qui se sont agglutinés au portail d’Algérie-poste étaient en majorité des délégués des syndicats autonomes du Cnapeste, de l’Unpef, du Cela, du Satef, du Sntfp, du Snte et du Snap auxquels se sont joints des représentants des syndicats du Snapap, du Snateg, du comité de solidarité avec les travailleurs de la wilaya de Bejaia, de la ligue des droits de l’homme, et du collectif des avocats, l’Initiative citoyenne du député Bennadji fraichement élu et les députés Bouiche et Mazouzi. En plus d’une large banderole accrochée bien en vue des passants qui pouvaient lire «non à l’arbitraire et à l’injustice», «nous sommes tous des Younsi», «nous sommes tous des suspendus» et «les postiers de Sidi Aich en grève illimitée» de nombreuses autres pancartes, portant la mention «je suis Younsi» sont brandies par les manifestants.
B Mouhoub.