La cérémonie de baptisation du CEM de Souk El Ténine du nom du chahid Amrane Benari s’est déroulée samedi dernier.
Les autorités locales, à leur tête le P/APC, le directeur de l’établissement, la famille révolutionnaire, représentée par des membres de l’organisation nationale des moudjahidine (ONM), des membres des associations, des enfants de chouhada, des membres du comité de village Agouni Boufal, d’où est originaire la famille Benari, et des anonymes ont tous été au rendez-vous, tôt la matinée, au niveau de cet établissement, pour ne pas manquer cette cérémonie très attendue au collège en question et qui portera désormais le nom de Amrane Benari. Après une minute de silence observée à la mémoire de ce combattant et l’ensemble des martyrs de la guerre de libération, et la prise de parole par l’édile communal, dans un climat emprunt de solennité, de vibrants témoignages au sujet de ce combattant ont apportés par, notamment, El Hadj Ahcène, moudjahed et cousin germain de Amrane Benari. Celui-ci a loué ‘’les qualités humaines, mais aussi patriotiques’’ de son cousin tombé au champ d’honneur dans un endroit ignoré à ce jour. À rappeler que le jeune Amrane, qui a adhéré au mouvement national alors qu’il était encore adolescent, a vite gravit les échelons, pour rejoindre durant la révolution le colonel Amirouche. En effet, c’est à l’âge de 18 ans que ce jeune rebelle avait dit à ses parents qu’il ne fallait pas qu’ils cherchent après lui. Il était pourtant le garçon unique d’une famille de 8 enfants. L’émotion a grandi lors de l’intervention de l’une de ses sœurs qui a relaté l’engagement de son unique frère pour l’Algérie indépendante. «Le chahid Amrane Benari n’a pas de sépulture pour que nous puissions se recueillir à sa mémoire, il a désormais cette plaque commémorative dans ce collège», dira, fort à propos, son neveu, Mohamed F., qui avait lu pour la nombreuse assistance un message d’une nièce du martyr. Aussi, certains témoignages ont avancé qu’il avait rejoint le célébrissime maquis d’Akafadou, bastion et PC de la wilaya 3. Repéré très vite par le colonel Amirouche, il était devenu l’un des éléments qui l’accompagnait lors des ses déplacements. L’hypothèse qu’il soit tué à Djabel Thameur, à Boussaada, le 28 mars 1959 est très privilégié par les anciens combattants, surtout que beaucoup de soldats de l’ALN furent inhumés anonymement à l’époque. «Cette louable initiative a permis à une famille et une région de se souvenir de leur héros. Cela reste aussi un exemple de lutte contre l’oubli de tous ces jeunes qui se sont sacrifiés, pour la liberté et l’indépendance de l’Algérie», déclare un présent.
C. A.
