Encore inconnue du grand public algérien, il y a quelques mois, la grippe aviaire est devenu un grand sujet de conversion, sinon le plus grand. Même si on ne connaît pas dans le détail la maladie, personne n’ignore plus ses dangers. Les moyens de communication –la radio, la télévision, la presse- ont fait assez de tapage sur le sujet. C’est si vrai que de plus en plus de consommateurs boudent la viande de poulet, au grand désespoir des producteurs et des vendeurs qui, si le danger se confirme, vont devoir fermer boutique. Mais si les volatiles, dans les villes, sont mis en quarantaine, dans les villages et les hameaux, ils continuent à aller librement. Les automobilistes peuvent aussi en voir, sur les bords des routes, voletant et caquetant, cherchant leur pitance, comme si de rien n’était. Il y a aussi les vendeurs d’étourneaux et de perdrix, qui continuent, en dépit de l’interdiction des autorités, à proposer à la vente le produit de leur chasse. Et on a beau expliquer à tout ces gens le danger qu’ils courent et surtout qu’ils font courir aux autres, ils répondent : il n’y a pas de maladie, tout cela c’est de la rumeur ! On voudrait bien avoir l’optimisme ou l’insouciance de ces gens mais malheureusement le danger est bien réel. Il est peut-être temps, si la persuasion ne suffit pas, d’employer à l’encontre des récalcitrants, des mesures coercitives, comme les amendes, voire la confiscation des volatiles. La grippe aviaire est une affaire trop sérieuse pour qu’on continuer à la prendre à la légère !
S. Aït Larba
