à l’orée de la saison estivale où l’eau se raréfie, on constate des déperditions importantes au niveau de la commune d’Aïn El Hammam.
Le réseau de distribution est certes vétuste, mais le manque de civisme de certains aggrave la situation. L’économie de ce liquide si précieux n’est malheureusement pas le souci de tous. Lorsqu’on voit des commerçants laver le trottoir et même l’asphalte devant leur magasin à grande eau, on se demande s’ils sont conscients du gaspillage. Les tuyaux d’arrosage débitent des centaines de litres dont les ménages qui subissent un rationnement, été comme hiver, pourraient se servir. Appelé par un client au moment de l’«arrosage» quotidien, un boucher pose son tuyau sur le trottoir et rentre servir l’acheteur, sans prendre la peine de fermer le robinet. Le rituel du lavage à grande eau semble s’installer dans les mœurs. Chaque matin, les rues de la ville sont noyées par un torrent d’eau qui remplit les moindres creux dans le trottoir. Ce n’est qu’une fois que le soleil monte haut dans le ciel que cette marre commence à sécher. Un gaspillage qui se répercute sur le débit des robinets des ménages. Si les foyers d’Ain El Hammam ont l’eau un jour sur deux, dans certains villages des communes voisines, l’eau ne coule des robinets qu’une à deux fois par semaine. Les déperditions pour cause de rupture de conduites sont également, légion dans la région. Il ne se passe pas une semaine sans qu’on constate une fuite. Les canalisations datant des années soixante-dix, voire de l’époque coloniale, rompent souvent, rongées par la rouille. Parfois, il faut plusieurs jours pour détecter la panne qui se trouve en profondeur. Sur la route de Beni Yenni, un jet d’eau dure depuis plus d’un mois, à proximité du pont situé entre Souk El Had et le lieu dit «la tranchée». Par ailleurs, les perturbations dans la distribution «pour intervention sur la conduite…» ou «pour cause de panne de machine» au niveau des relais, ne sont pas rares. Les ouvriers de l’ADE, constamment sur les routes, n’en finissent pas de réparer fuite après fuite, aussi importantes les unes que les autres, sur un réseau vétuste qui nécessite un renouvellement total. Ce qui expliquerait, en partie, que la population n’ait droit à l’eau courante qu’un jour sur deux, hiver comme été. D’éventuelles coupures intempestives hantent les citoyens. Pour parer à toute éventualité, la plupart des foyers se sont dotés de citernes. Les autres n’en finissent pas de remplir des jerricans et même leur baignoire. La faible pluviométrie enregistrée cette année risque de compliquer la situation si les services concernés ne veillent pas à économiser ce liquide si précieux.
A. O. T.
