Vingt-huit mineurs interpellés par la police

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Le chiffre peut paraître dérisoire, vu le climat de peur et d’insécurité qui règne quotidiennement, dans les centres urbains, notamment au chef-lieu de la wilaya, livré à la merci des petits délinquants.Les agressions suivies de coups et blessures volontaires, détiennent, comme à l’accoutumée, le palmarès des délits qu’enregistre la rue de Tizi Ouzou. 11 mineurs parmi les 28 appréhendés, seront poursuivis pour ce genre d’actes très répandus. La plupart de ces délinquants sont des récidivistes que la police relâche après établissement des formalités. Leur comparution devant les tribunaux se fait en présentation libres. Ils finissent tous par être libéré par les juges des mineurs. Il est vrai que des centaines de cas font l’objet d’incarcération dans l’aile réservée aux mineurs à la prison de Tizi Ouzou, cela n’empêche aucunement la récidive dans la mesure où le châtiment infligé aux récidivistes se limite à une privation de liberté allant de six à dix-huit mois de prison ferme. Ici aussi, faudra-t-il se suffire de privation de liberté alors qu’une vraie rééducation devrait être couronnée par une réinsertion sociale adaptée aux différents niveaux de la vie sociale des individus au sein de leur famille. C’est le cas d’une famille, vivant à Tamda, 15 km à l’Est de la ville des Genêts, où les trois garçons sont très connus par les services de sécurité. L’aîné est actuellement incarcéré, les deux autres mineurs sont sous le coup de jugements avec sursis. Ce qui ne les empêche pas de récidiver. Un autre cas de famille versée dans la délinquante, activant au chef-lieu de wilaya, se distingue par le sexe de ses membres qui défilent périodiquement dans les commissariats. Il s’agit d’une «bande familiale» dont les membres sont des filles. La benjamine vientd’ailleurs de commettre son premier vol, le mois dernier, comme pour signer son acte de baptême ! La recrudescence des vols à la tire, ces dernières semaines, est des plus inquiétantes. Les vols de téléphones portables sont en ascension permanente. Les victimes ne sont plus ciblées par les délinquants, puisque ces derniers s’attaquent au su et vu de tout le monde, aux deux sexes et à tous les âges.Un phénomène qui va crescendo, eu égard à une sorte de passivité observée par les services de sécurité qui tolèrent l’apparition du marché des puces connu communément par “le square”, où les portables volés se vendent au grand jour. Interrogé à ce sujet, un policier nous avoue l’impuissance de son institution à mettre fin à cette pratique encouragée par la “fluidité” de ce marché et les bonnes affaires qui s’y traitent. Il précisera que les revendeurs des portables volés, ont été inquiétés une seule fois par une rafle des policiers qui ont saisi les objets volés. Cela n’a pas permis pour autant d’arrêter la récidive et de sécuriser les usagers de téléphones cellulaires. Le renforcement des corps de sécurité par de nouvelles recrues et l’implantation de nouvelles sûretés urbaines n’a, semble-t-il, pas produit l’effet escompté. Pourtant, lors d’un point de presse tenu par le nouveau chef de sûreté de wilaya le 15 janvier dernier, celui-ci a insisté sur la politique de proximité que prône son institution afin de rapprocher le citoyen de la police et garantir ainsi la sécurité des biens et personnes.D’aucuns parmi les riverains de la ville de Tizi Ouzou, témoignent de la montée de la délinquance et de l’absence de ce corps de sécurité à la tombée de la nuit. En effet, des citoyens se sont plaints de l’éclipse des policiers dès 18 heures, des rues de la ville des Genêts livrée à partir de cette heure-ci aux petits gangs et aux soûlards qui n’hésitent pas à exhiber leur état devant les passants. Si les statistiques officielles sur les actes de délinquance sont en baisse, le décor quotidien qu’offrent les rues des centres urbains de la wilaya de Tizi Ouzou est des plus inquiétants. Les citoyens demeurent livrés au diktat des mineurs-voyous dont certains sont manipulés par des adultes qui activent dans l’ombre, du climat d’insécurité créé par les années de terreur.

B.T.

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