Tizi-Ouzou – Réfugiés africains et syriens envahissent rues et trottoirs – La solution qui tarde !

Les réfugiés maliens, nigériens et syriens sont apparus dans la wilaya de Tizi-Ouzou depuis déjà quelques années. Une présence, timide au début, qui s’est de plus en plus amplifiée, prenant des proportions assez gênantes pour les pouvoirs publics locaux.

Lorsque l’Algérie se portait bien financièrement, plusieurs actions ont été faites pour leur venir en aide. Les pouvoirs publics ont à plusieurs reprises organisé des campagnes de reconduction vers les pays d’origine. Mais, à chaque fois, quelques semaines plus tard, voire quelques jours plus tard, retour à la case départ. L’hiver écoulé, la wilaya, la direction de l’action sociale et l’assemblée populaire ont décidé de mettre à la disposition des réfugiés un centre où ils pouvaient bénéficier d’un lit et d’un repas chaud pendant toute la saison froide. Une fois l’hiver terminé, les réfugiés se retrouvent dans la rue. Ils trainent dans les boulevards, les rues et ruelles du chef-lieu, quémandant quelques sous. Parfois, ce sont des enfants, en bas âges, qui tendent leurs mains aux automobilistes, au beau milieu de la chaussée, mettant leur vie en danger. Un phénomène parfois à l’origine de bouchons et de saturation de la circulation et parfois aussi d’accidents. Ces réfugiés venus du Mali, du Niger ou de Syrie inspirent tellement de pitié que des âmes charitables n’hésitent pas à stopper leurs véhicules pour donner quelques dinars. Et c’est là que les accidents surviennent. Ces gens qui ont frôlé la mort et souffert le martyr pour arriver à Tizi-Ouzou, croyaient sûrement, à tort hélas, qu’un Eden les attendait. Leur rêve d’une vie meilleure et d’un avenir radieux s’est vite évaporé. Ils n’ont ni le droit de travailler, ni celui de bénéficier d’une quelconque aide. Ce sont tout simplement des gens qui ont atterri à Tizi-Ouzou, d’une manière illégale, donc sans papiers. Autrement dit, des gens en situation irrégulière et c’est la galère.

Tendre la main, le seul métier autorisé…

Il faut dire que dès le matin, ces centaines de refugiés, hommes femmes et enfants, quittent leurs refuges et envahissent la ville. Les villages de haute montagne et les chefs-lieux communaux ne sont pas épargnés. On les trouve à Ouadhias, Mâatkas, Boghni, Tigzirt, Azeffoun, Larbâa Nath Irathen, Aïn El Hammam, Ouacif, Draâ El Mizan, Draâ Ben Khedda… Ils pratiquent le seul métier qui leur est permis : la mendicité. Certains, même de très jeunes enfants, slaloment entre les voitures, en plein trafic, tendant leurs écuelles à travers les vitres. En ce Ramadhan, les restos Rahma leur permettent de rompre le jeûne avec une chorba, un plat de résistance, un dessert et des sucreries. On leur donne aussi de quoi satisfaire le Shor. Une fois Ramadhan passé, ce sera inévitablement le retour à la rue et à la mendicité. Les images les plus choquantes et déchirantes seront de retour. Qu’y a-t-il en effet de plus bouleversant que de voir une maman, rabougrie par la misère, donner le sein à son bébé à même le trottoir ? Cette situation ne peut-elle pas être prise en charge définitivement et efficacement ? Ces gens sont ils obligés de vivre dans la rue à longueur d’année ? Ces gens, des êtres humains, n’ont-ils pas le droit de vivre sous un toit décent et gagner leur vie à la sueur de leur front ? Ces petits enfants qui occupent les rues et qui tendent la main à longueur de journée, n’ont-ils pas le droit de s’installer sur les bancs de l’école et de ne lever la main que pour répondre aux questions du professeur ? Enfin, ces gens n’ont-ils pas le droit, comme tous les hommes et de toutes les femmes de la planète, de vivre dans la dignité ? De source avisée, le nombre de réfugiés maliens, nigériens et syriens ne dépasserait pas les cinq cents 500 sujets à travers la wilaya. Dans le cadre de notre enquête, nous avons voulu savoir ce que comptait faire la wilaya pour régler définitivement cette situation. Un problème du reste national et qui, donc, nécessite une solution nationale. à la DAS, on rétorque que “le problème ne nous concerne pas en dehors d’une assistance sociale qu’on peut assurer comme on le fait pour les démunis d’ici ou d’ailleurs. Cela ne fait pas partie des prérogatives de la DAS. Cela relève de l’intérieur”, explique un préposé au service.

Hocine T.