Les différentes interventions ont rappelé la situation que vit la femme algérienne et la nécessité de lui donner ses chances afin d’atteindre les sphères décisionnelles de l’Etat. Si les représentants des partis politiques concernés ont notamment réitéré la place accordée par la constitution à la femme au même titre que l’homme, les intervenantes ont de leur part rappelé les lacunes et insuffisances qui existent. Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du FLN, et représentant personnel du président de la République a estimé que l’Algérie a réalisé d’importants progrès en matière de représentativité au parlement « avec 8%, notre parcours est appréciable comparativement à un pays comme la France avec une tradition démocratique enracinée, et qui n’a réalisé jusque la que 12% de représentativité »Dans son intervention, Louisa Hanoune dira que le statut juridique de la femme, en référence au code de la famille, est en contradiction avec la loi fondamentale du pays, car si cette dernière ne fait pas de distinction entre les Algériens, le code de la famille la garde toujours sous tutelle. « Au Parlement, la représentation féminine n’existe pas, car les femmes ne sont pas une entité quelconque à représenter, elles sont une partie de la société, » a poursuivi le porte-parole du Parti des travailleurs. « La parité en représentativité, ne peut pas améliorer la condition des femmes », selon l’oratrice. Evoquant le système des quotas, elle dira que « cela humilie la femme, car un seul critère doit régir l’accès à la représentativité, à savoir la compétence ». ‘’Le pourcentage de la présence féminine également ne reflète en aucun cas sa situation sociale » pour cela elle cite le cas de plusieurs pays où la femme est ‘’bien » représentée dans cette institution au moment où cela n’influe nullement sur sa situation. Mme Bouchemla, ex-ministre, et avocate de formation a tenu à préciser dans sa communication, que les amendements apportés aux lois touchant la situation de la femme, sont superficiels et n’améliorent pas dans le fond la condition féminine. A noter aussi l’intervention de l’ambassadrice de Suède en Algérie qui a évoqué l’expérience de la femme au parlement dans son pays. Pour réduire le fossé entre les deux sexes et concrétiser l’égalité, les intervenants, préfèrent plutôt adopter le concept du genre humain. A noter enfin que cette journée a été marquée par la présence et l’intervention de plusieurs visages féminins connus, à l’instar de Z’hor Ounissi, Zahia Benarous, Nouara Djaffar, ainsi que des femmes parlementaires du Maroc et de la Tunisie.
Naima B.
