Les syndicats autonomes (Cnapeste, Unpef, Snap, Cla, Satef, Snte, Sntfp) de la wilaya de Béjaïa commencent à manifester leur colère, en signe de protestation contre «la multiplication des atteintes au libre exercice du droit syndical».
Traitant des cas des syndicalistes suspendus ces derniers jours à Béjaïa, dont le représentant du Syndicat national autonome des postiers (Snap), Amar Younsi, et ceux du Snateg, une conférence de presse a été animée, hier, au siège du Cnapeste par quelques délégués syndicaux. M. Slimane Zenati, coordinateur du bureau de wilaya de Béjaïa du Cnapeste juge que «l’opinion publique doit désormais être informée des difficultés et des pressions exercées sur nos camarades syndicalistes», réclamant la réintégration des délégués syndicaux suspendus, selon lui, «arbitrairement» de leurs postes. «L’intersyndicale demande la réintégration des syndicalistes suspendus. Revendiquant leurs droits dans le strict respect de la loi, ces syndicalistes n’ont commis aucune faute», a-t-il insisté, soulignant que l’affaire du syndicalisteAmar Younsi relève d’un pur «abus de pouvoir de la part de son employeur». Précisant que le wali de Béjaïa, Mohamed Hattab, a été officiellement saisi, jeudi dernier, au sujet de ‘’l’affaire Younsi’’, Slimane Zenati a souligné que la lutte de l’intersyndicale de la wilaya de Béjaïa pour la réintégration de ces syndicalistes «gagnera en intensité dans les prochains jours». «Cette conférence est une première action. Demain, ce sera une affaire de société», a-t-il mis en garde. Pour sa part, M. Saâdi de l’Unpef promet que son syndicat «saisira le Bureau international du travail (BIT), si Amar Younsi n’est pas réintégré et blanchi de toutes les accusations». «Nous réitérons notre soutien à Amar Younsi. Que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités ! La suspension de notre camarade du Snap est une flagrante violation de la loi. S’il n’est pas réintégré cette semaine, l’Unpef, bureau de Béjaïa, demandera à sa tutelle de saisir le BIT», a-t-il dit. Présent au siège du Cnapeste, Amar Younsi, syndicaliste du Snap et chargé de la clientèle à la poste de Sidi Aïch, a rappelé à l’assistance la genèse de son affaire, en révélant que son employeur «n’a pas dépêché de commission d’enquête sur les lieux de son travail et sa tutelle syndicale n’a pas aussi été saisie». Selon lui, «la décision de sa suspension est contraire à la loi», exhibant, pour étayer son propos, la convention collective de son entreprise. «Une convention, estime-t-il, foulée aux pieds par le directeur local d’Algérie-poste». Et pour clore son intervention, il demande «sa réintégration et l’arrêt des poursuites judiciaires à son encontre». Par ailleurs, dans un communiqué-appel, diffusé jeudi dernier, l’intersyndicale «lance un appel à tous les fonctionnaires des postes de la wilaya de Béjaïa, pour une solidarité active envers leurs collègues du bureau de poste de Sidi Aïch», précisant qu’une campagne de sensibilisation et de mobilisation, au niveau de tous les bureaux de postes, sera menée les 4, 5 et 6 juin. À signaler que le 7 juin, soit mercredi prochain, un sit-in des délégués syndicaux, suivi d’une marche, est projeté devant la direction des postes de Béjaïa.
D. S.
