Cela fait des mois que le lait en sachet se fait rare sur les étals. Avec l’arrivée du mois de ramadhan, la crise s’est amplifiée davantage, à telle enseigne que ça devient le sujet phare de toutes les discussions.
Les consommateurs ne savent plus quoi faire pour trouver du lait courant en sachet. En effet, les habitants de plusieurs communes peinent à s’approvisionner en ce produit ô combien indispensable. À Chemini, les files d’attentes devant les épiceries et superettes rythment les journées des jeuneurs, qui n’ont d’autres solutions que de prendre leur mal en patience. Le lait en sachet, subventionné par l’État, consommé en grandes quantités, continue de faire des siennes au grand dam des citoyens. La demande monte crescendo en raison de ces différents usages, notamment en cette période du mois sacré, comme la préparation de gâteaux, de flanc… «Il m’arrive de m’absenter de mon travail pour pouvoir faire la queue, et acheter quatre sachets de lait, de quoi tenir deux jours au maximum», dit un père de famille. D’autres chefs de familles, plus nantis, se permettent «le luxe» de consommer du lait en poudre, à raison de 320 DA la boite. Bien entendu et c’est connu, dès qu’un produit se raréfie sur le marché, la spéculation fait son apparition. Alors que le sachet de lait pasteurisé était déjà vendu au-dessus de son prix officiel de 25 Da l’unité, aujourd’hui, devant cette pénurie, des commerçants sans scrupules le cèdent à 3O DA le sachet. Cette insuffisance tend à exacerber les ménages, acculés par les interminables files d’attente devant les épiceries et les supérettes. À Chemini, la crise perdure depuis belle lurette. Se procurer un sachet de lait pasteurisé est devenu pour tous un véritable cauchemar, car il faut se lever tôt le matin pour «quémander» une maigre ration, deux ou trois sachets de lait. Bien que ce ne soit pas la première fois que le lait pasteurisé disparait des étals, la présente crise qui perdure pèse lourdement sur les citoyens, notamment les petites bourses. Elle pénalise énormément les ménages, habitués à consommer en grande quantité ce produit de première nécessité. Les laitiers ou autres épiciers, qui en sont approvisionnés parcimonieusement, n’ont trouvé d’autres moyens que de rationner sa distribution en se limitant, parfois, à ne vendre qu’un sachet par client afin de permettre à l’ensemble de la clientèle d’en bénéficier.Par ailleurs, ces scènes d’interminables files d’attentes ne choquent plus personne. Après une semaine du début du mois de ramadhan, les «chaînes» redoublent devant les magasins d’alimentation générale. Les quantités, limitées, livrées aux magasins sont vite épuisées, créant ainsi une sorte de psychose chez les consommateurs. «Les livreurs nous approvisionnent une fois tous les trois jours», déclare le propriétaire d´une boutique d´alimentation générale. Et d’ajouter : «Nous ne pouvons pas satisfaire toute la demande. Pis, des citoyens nous accusent de rationner ce produit. Chose que nous réfutons catégoriquement, car nous sommes aussi pénalisés par cette crise.»
B. D.
