La plupart des villages d’Akbil, une commune de la daïra d’Aïn El Hammam, se plaignent des désagréments que leur cause le singe magot, ramené à cet endroit il y a quelques années.
«Les quelques magots introduits dans la région ont proliféré à une grande vitesse, devenant des hordes de plus de cent individus. Au début, on ne les voyait que rarement, mais maintenant ils font partie de notre quotidien», dit Hachimi qui fulmine en se rendant compte que plusieurs quintaux de prunes de son verger ont été détruits. «Nous sommes envahis. On les trouve dans nos champs ou faisant la sieste sur nos voitures à proximité du village où ils ne se gênent pas de pénétrer à la recherche de quelque nourriture», ajoute un villageois. Ce n’est pas cette présence, non souhaitée, qui dérange tant les habitants, mais ce sont surtout les saccages commis par ces singes qui ne se contentent pas seulement de manger les fruits : «Ils marquent leur passage dans nos vergers par des actes de sabotage des arbres dont ils cassent les branches et gâchent les fruits. Les légumes des jardins potagers ne sont pas non plus épargnés. Tout le travail de plusieurs mois est annihilé en une seule journée. Il ne reste ni haricots verts, ni tomates… Les pieds sont arrachés et jetés au loin», ajoute Hachimi. La solution consistant à monter la garde dès le réveil, au lever du jour, devient «dangereuse», selon notre interlocuteur qui raconte qu’en compagnie de son épouse, il s’est rendu à son champ pour protéger sa récolte. Là ils se sont retrouvés encerclés par deux groupes de ces animaux, visiblement prêts à défendre «leur territoire». Pris de panique, ils sont vite rentrés chez eux, abandonnant le terrain, malgré eux. Pour éviter le saccage de ses figuiers, un propriétaire a pris les devants en arrachant tous les fruits avant leur maturation avouant «préférer les jeter plutôt que de les laisser aux singes qui vont casser toutes les branches.» «Les services de l’État protègent ces macaques mais ne font rien pour nous défendre. Que pouvons-nous faire lorsqu’on sait que les tuer ou même les battre peut nous conduire en prison ? Nous ne cessons de dire que, maintenant, les victimes c’est nous !», se plaint-on encore. «Cela ne peut plus durer ! Une solution doit être trouvée par les responsables, pour éviter que l’irréparable n’arrive un jour», préconise-t-on.
A. O. T.
