À l’approche de l’Aïd El-Fitr, le commerce de l’habillement devient prospère pour bon nombre de marchands.
En effet, chaque année, à la veille de cette fête, les magasins de vêtements se remplissent du matin au soir de clients, venus acheter des habits neufs pour leurs enfants. Bien que ce soit une corvée, l’achat des vêtements de l’Aïd demeure une tradition incontournable pour fêter la fin du jeûne. Les parents tentent, tant bien que mal, de satisfaite les «caprices» de leur progéniture, en leur offrant de nouveaux habits et de nouveaux jouets. Ainsi, après le rush sur les fruits et légumes, au début du mois de Ramadhan, c’est au tour des magasins spécialisés en habillement pour enfants de connaître le même engouement. Sous le poids de l’inflation et de la dépréciation du dinar, les prix des produits importés ont fortement augmenté ces derniers mois. «Tous mes produits sont importés de Turquie. Comme l’Euro a fortement augmenté, c’est normal que les prix augmentent», justifie de son côté le propriétaire d’une boutique de vêtements pour enfants à Akbou. Mais cette hausse des prix ne fait pas les affaires des commerçants, qui ont vu leur chiffre d’affaires dégringoler. À quelques jours de la fête de l’Aïd El-Fitr, les magasins, les bazars et autres centres commerciaux se retrouvent encombrés de familles. Cette cérémonie, attendue avec impatience par les bambins, est loin d’être une sinécure pour les parents. Nonobstant les températures suffocantes qu’affiche le mercure, des familles entières prennent d’assaut les magasins et les différents marchés de la ville du piton à la recherche de la bonne affaire. La demande connaît, ces deniers jours, une véritable explosion, et de nombreuses familles doivent consentir des sacrifices financiers importants, pour maintenir les traditions et faire plaisir à leurs enfants. Face à cette nouvelle facture, les familles aux ressources financières limitées recourent à l’endettement, rien que pour faire plaisir à leurs chérubins. Il est à signaler que le prix d’un pantalon en jean, par exemple, oscille entre 2 500 et 3 000 DA et une chemisette n’est pas cédée à moins de 2 000 DA. Certains magasins de vêtements pour fillettes proposent des prix d’autant plus exorbitants. En effet, la robe est cédée à 3 500 DA et la tenue complète à pas moins de 5 000 DA. «Un ensemble pour un garçon de 6 ou 8 ans, de qualité moyenne, coûte entre 4 000 DA et 6 000 DA», tempête un père de famille dont «les rares bonnes et belles chaussures sont estimées, selon lui, entre 2 000 et 4 500 DA pour des pointures entre 28 et 31». Le client n’a pas vraiment le choix. Dans une boutique d’articles pour enfants, située au centre de la ville d’Akbou, c’est le même climat de tension. Les parents, préoccupés d’acheter des vêtements neufs à leurs enfants, comme le veut la tradition, sont tourmentés par l’idée de rompre avec cette coutume : «J’espère que je ne serai pas affronté à cette situation. Nos parents ont veillé au respect de cette tradition et je ne pense pas que ce soit à nous de la laisser tomber. Et puis, il n’y a pas d’autres occasions pour habiller les petits, il faut bien le reconnaître !», avance un père de trois enfants faisant ses courses au marché de la ville, qui ajoute que la plupart des magasins propose presque les mêmes produits et la qualité parfois laisse à désirer. Par ailleurs, certains parents ont déjà acheté les habits de l’Aïd pour leurs enfants, et ce avant même d’entamer le mois de Ramadhan, pour éviter, disent-ils, la spéculation et l’augmentation des prix des produits d’habillement à l’approche de l’Aïd. Exposées dans les vitrines ou sur les étals, les tenues vestimentaires sont disponibles en termes de qualité et de quantité, avec des prix affichés repoussant les petites et moyennes bourses qui ont dû dépenser une partie importante de leur budget au cours de ce mois de ramadhan.
Bachir Djaider
