Les raisons de l’arrêt des travaux

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Le projet du stade olympique de 50 000 places de Tizi-Ouzou, implanté à Boukhalfa, est à l’arrêt depuis plusieurs semaines. Les parties concernées n’ayant, jusque-là, donné aucune explication, les spéculations vont bon train quant aux vraies raisons de ce blocage.

Sur le site du chantier les 200 employés turcs et leurs homologues algériens ont déserté le chantier depuis le début de ce mois de Ramadhan. Les promoteurs expliquent qu’ils ont dû recourir à cette décision stratégique pour faire des économies sur les salaires qui auraient dû être attribués à des travailleurs qui n’auront pas grand-chose à faire faute de matériels et matériaux bloqués au port d’Alger. A la direction de la jeunesse et des sports de la wilaya de Tizi-Ouzou, on confirme en effet que c’est d&ucirc,; au retard momentané enregistré dans la disponibilité des financements qui « ne tarderont pas à être débloqués » tente-t-on de rassurer : «L’arrêt des travaux du stade de 50 000 places de Tizi-Ouzou est dû à l’indisponibilité des crédits de payements. Des équipements, importés de l’étranger, sont actuellement bloqués au niveau du port», explique M. Iltache DJS de Tizi-Ouzou. Et face à l’absence des financements qui permettront de faire sortir ce matériel du port, les promoteurs du projet en accord avec les entreprises réalisatrices ont donc décidé de mettre en congé les travailleurs algériens comme turcs. «Vu que le crédit de payement n’est pas débloqué et les équipements ne sont donc pas encore disponibles sur le site du chantier, on a préféré mettre en congé les travailleurs des deux entreprises. Ils vont reprendre les travaux après l’Aïd. Sachant que les congés ont été consommés, nous travaillerons alors en juillet et en août aussi sans relâche,» se projette-t-on toujours à la DJS. S’agissant de la nature de la marchandise bloquée au port, les avisés parlent de dalle de sol pour l’achèvement de tout ce qui est plateforme, câblerie d’électricité, climatisation, couverture de la charpente et de la charpente elle-même. «L’acquisition de ces matériaux et équipements nous permettra de relancer le chantier juste après l’Aïd», note une voix autorisée de la DJS. «Le taux d’avancement global du projet au jour d’aujourd’hui est de 70% », selon M. Iltache. Il reste 30% des travaux qui serait «réalisables en trois mois», si la cadence venait à être respectée à bon rythme. Notre interlocuteur a évoqué l’exemple de la charpente métallique, à laquelle «il faudrait trois mois pour son achèvement». Même chose pour les autres tâches restantes, à savoir l’éclairage, l’engazonnement des terrains, la piste d’athlétisme, la peinture et la façade du stade. Le problème qui se pose à ce niveau ne réside pas dans le temps, mais surtout dans l’argent. En effet, selon le DJS, les travaux restants sont coûteux : «Il faut une rallonge de 2 000 milliards de centimes pour l’achèvement des travaux, soit la moitié du coût global de la réalisation du stade estimé à 4 000 milliards de centimes », soulignera-t-il, avant d’ajouter : «Avant, c’étaient des travaux de béton qui ne demandaient pas beaucoup d’argent, mais beaucoup de temps. À ce stade, c’est le contraire, on a juste besoin d’argent. On achèvera les travaux en trois ou quatre mois si les crédits de payements sont disponibles. Les délais annoncés par le ministre et le wali vont être maintenus, à condition qu’on nous débloque l’argent et que nous travaillons à un rythme régulier». «Quand on avait fixé les délais, on n’avait pas prévu cette interruption de la livraison des crédits de payement.

Promesse de débloquer les crédits pour la fin de ce mois

Et si on ne donne pas l’argent à l’entreprise, on ne peut pas lui demander de travailler et de maintenir le délai. L’entreprise n’a pas été payée depuis septembre», a-t-il regretté. C’est la même situation au niveau des autres projets du secteur en cours de réalisation, a-t-on appris du même responsable. «Des stades, 7 piscines, des maisons de jeunes en réalisation, connaissent le même problème. Tous nos projets sont freinés à cause de l’indisponibilité des crédits de payement. On nous a promis de débloquer la situation en fin juin. Si cela est fait, on les achèvera d’ici la fin de l’année», poursuivra-t-il. À noter que ce projet de stade couvert est le premier du genre en Algérie. Il a été inscrit en 2005, mais les travaux n’ont été lancés qu’en 2010. La réalisation du projet a été confiée au groupement d’entreprises algéro-turc (ETRHB HADDAD et MAPA TURC). Le ministre de la Jeunesse et des sports avait, dans un premier temps, annoncé sa livraison pour juillet 2017, mais la date a été par la suite repoussée et laissée ouverte, pour l’année en cours, avec un risque de prolongement vers le début de l’année prochaine. Cela dit, ces délais ne pourront être respectés que «si les travaux reprennent juste après l’Aïd et à une cadence soutenue et sans interruption, sinon le défi sera difficile à relever», notera un intervenant sur le chantier. Pour rappel, le chantier a connu plusieurs perturbations depuis son lancement. La dernière en date remonte à la fin du mois de mai, lorsque les employés avaient observé une grève pour protester contre le retard observé dans le versement des salaires des mois de mars et avril derniers. Ils dénonçaient également une discrimination salariale entre les travailleurs des deux entreprises algérienne et turque.

Kamela Haddoum.

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