La situation de l’alimentation en eau potable des communes relevant de la daïra de M’Chedallah s’est sensiblement aggravée, passant de pénuries sporadiques à une véritable crise. Une crise bien partie pour durer, d’autant que cela intervient durant la période des grandes canicules avec des pics de chaleur qui frôlent les 46 °. Une période bien connue par les agriculteurs, qui l’appellent «idhebakhen n’dukkar et lekhrif», laquelle sera suivie par celle appelé «smayem», des périodes durant lesquelles les besoins en eau potable triplent. Aussi jeudi dernier dans la matinée, le chef-lieu de daïra a été le théâtre de plusieurs actions et mouvement de protestation, menées par des citoyens venus de diverses localités qui sont allé, en premier lieu, protester devant l’agence locale de l’Algérienne des eaux (ADE), pour se diriger ensuite vers le siège de la daïra. Là une première délégation des citoyens d’Ath Yekhlef et Tamourth Ouzemour a été reçue par le chef de daïra, avant de recevoir une autre délégation de Raffour, à laquelle ce responsable expliquera la situation. Les protestataires se sont ensuite dispersés, mais menacent, néanmoins, de passer à d’autres actions ‘’plus musclées si cette crise de l’eau se prolonge’’. Le même chef de daïra imputera cette longue pénurie, d’abord, à une importante baisse du débit de la source noire de Saharidj qui alimente plusieurs communes, ensuite et surtout au retard mis dans l’opération de rénovation des équipements du Barrage Tilesdit de Bechloul. À signaler que le wali de Bouira a mis une pression continue sur les gestionnaires du secteur et l’entreprise chargée de cette opération, pour accélérer la livraison des travaux. Un état de fait confirmé par le responsable local de l’ADE qui affirme, de son côté, qu’à cause de ce retard, toute la partie est de la wilaya, soit les deux daïra M’Chedallah et Bechloul, souffre depuis le début de l’été de ces pénuries à répétition. Notre interlocuteur ajoutera qu’il fait ‘’de la gymnastique’’ avec le débit qui est mis à disposition, en ‘’veillant surtout à sa répartition équitable’’ à travers les localités et les quartiers. Les citoyens venus de Raffour ont, en même temps, remis au président de l’APC de M’Chedallah une requête qui brosse l’état des lieux de leur ville à laquelle est annexée une pétition portant plusieurs signatures. Parmi les revendications soulevées, figurent la distribution de l’AEP, l’éclairage public inopérant dans plusieurs quartiers, le dérèglement des rotations d’enlèvement des déchets, le manque de bacs à ordures, la détérioration des trottoirs dans certains quartiers, des avaries sur l’AEP… par ailleurs, à Aghbalou, et plus particulièrement au chef-lieu communal, la population fait face à une pénurie aigüe et chronique du liquide précieux lequel est désormais rationné. En effet, les foyers à Takerboust sont alimentés une journée sur quatre pendant seulement 15 à 20 mn. Pour rappel, à Ahnif, la population d’Ighil Nath Ameur avait bloqué mardi dernier le siège de la mairie pour protester contre cette crise d’eau.
O. S.
